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Le débat sur l'avenir des retraites est relancé. L'idée de repousser l'âge légal, évoquée parmi d'autres pistes par Brice Hortefeux, a fait bondir lundi les syndicats, même si le gouvernement a tempéré les propos du ministre du Travail.
Dimanche sur France-Inter et i>télé, M. Hortefeux a jeté un pavé dans la mare en évoquant trois pistes pour faire face au problème du financement des retraites: la diminution des pensions, l'augmentation de la durée de cotisation et le recul de l'âge légal de la retraite.
La première piste, politiquement explosive, semble impossible à mettre en oeuvre. La deuxième a été privilégiée par la réforme Fillon de 2003: la durée de cotisation pour bénéficier d'une retraite à taux plein passera à 41 ans en 2012, dans le public comme dans le privé.
Reste la troisième. Pratiquée par l'Allemagne, où l'âge légal doit passer de 65 à 67 ans d'ici 2029, cette solution était jusque-là exclue en France. En 2003, le gouvernement Raffarin avait maintenu l'âge légal à 60 ans, même si l'allongement des études et les difficultés des jeunes d'accéder à l'emploi rendront quasiment impossible à l'avenir de partir à 60 ans avec une pension complète.
"Cette question n'est pas une question taboue", a prévenu lundi François Fillon. Le Premier ministre, qui avait porté la réforme de 2003 en tant que ministre des Affaires sociales, a toutefois jugé que ce débat devrait avoir lieu "dans le cadre d'une élection présidentielle ou législative".
Un rendez-vous est fixé dès l'année prochaine. Le Conseil d'orientation des retraites (COR) doit remettre un nouveau rapport en février 2010.
De son côté, M. Hortefeux a fait un peu de rétro-pédalage, disant lundi sur RTL n'avoir évoqué que des travaux d'experts qui "n'engagent en rien le gouvernement". "Aujourd'hui, il n'y a aucune piste privilégiée, aucune piste qui engage le gouvernement, aucune amorce de décision", a poursuivi le ministre du Travail, assurant que la décision serait prise "en partenariat avec les organisations syndicales et représentatives".
Ces dernières sont rapidement montées au créneau pour s'insurger contre la piste évoquée par le ministre du Travail. Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a déploré que M. Hortefeux reprenne "la position du MEDEF depuis plusieurs années".
Pour François Chérèque (CFDT), "on est en train de zapper la crise. On parle des retraites (...), un autre sujet que le sujet social d'aujourd'hui, un petit peu comme si on faisait diversion". La vie après 60 ans est l'un des quatre thèmes qui seront abordés lundi prochain par Nicolas Sarkozy dans son discours devant le Parlement.
Le secrétaire général de la CFDT a fait valoir qu'un recul de l'âge légal allait "sanctionner les pauvres et les plus modestes". "Si on passe la retraite à 65 ans, cela veut dire que ceux qui ont commencé à travailler à 16 ans cotisent 49 ans. Et ceux qui ont fait des études jusqu'à 22, 23, 24 ans n'ont pas d'augmentation de durée de cotisation", a observé François Chérèque.
Les syndicats attendent toujours la reconnaissance de la pénibilité de certains métiers, un serpent de mer depuis des années. Les discussions entre partenaires sociaux sur le sujet s'étaient terminées sur un constat d'échec l'an dernier. Brice Hortefeux a promis la semaine dernière un nouveau rendez-vous "cet été" sur ce dossier.
Pour sa part, le PS a jugé "préoccupantes" les pistes citées par M. Hortefeux, estimant dans un communiqué que "la priorité doit être d'augmenter le taux d'emploi des plus de 55 ans dans notre pays, ainsi que celui des jeunes", tout comme "la remise en cause du bouclier fiscal, en vertu duquel les plus riches sont exonérés de contributions sociales". AP
egp/mw
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