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Réunis depuis mercredi à L'Aquila, en Italie, les chefs d'Etat et de gouvernement du G-8, rejoints par des Etats émergents et africains, ont clôturé vendredi leur sommet en s'engageant à fournir 20 milliards de dollars sur trois ans pour lutter contre la faim dans le monde et permettre aux pays les moins favorisés de développer leurs propres cultures.
Le G-8, cercle des principaux pays riches réunissant les Etats-Unis, le Canada, le Japon, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, la France, l'Italie et la Russie, s'est élargi en cours de sommet aux cinq plus grandes puissances émergentes (Chine, Brésil, Inde, Mexique, Afrique du Sud) et à l'Egypte (G-5 +1). Vendredi matin, les dirigeants du G-8 se sont entretenus avec les représentants de huit pays africains (Algérie, Angola, Egypte, Ethiopie, Libye, Nigeria, Sénégal, Afrique du Sud) et de l'Union africaine (UA).
A l'issue de ces travaux, les Huit ont annoncé leur intention de mobiliser 20 milliards de dollars (14,3 milliards d'euros) au lieu de 15 milliards initialement (10,7 milliards d'euros) dans le cadre de cette initiative pour la sécurité alimentaire, a expliqué au cours d'une conférence de presse le président italien du Conseil Silvio Berlusconi. Selon des délégués ayant participé aux discussions, les Etats-Unis ont promis de contribuer à hauteur de trois milliards de dollars (2,1 milliards d'euros).
Les fonds pour "l'aide à l'agriculture" et la "sécurité alimentaire" seraient distribués sur une période de trois ans. Il s'agit d'une "stratégie coordonnée, globale" permettant aux pays pauvres de développer durablement leur cultures vivrières et leur secteur agroalimentaire, en "gardant un engagement fort à assurer une aide alimentaire d'urgence adéquate", selon le texte de cette initiative.
L'accent est mis sur l'aide aux petits agriculteurs, l'enjeu étant de leur donner les moyens d'accroître leur productivité et de s'adapter aux changements dus au réchauffement climatique. L'ambassadeur angolais en Italie, Manuel Pedro Pacavira, a salué des "mesures très importantes" alors que la sécurité alimentaire représente aujourd'hui une menace majeure pour la stabilité politique. La flambée des prix des denrées de première nécessité comme la farine, le riz ou l'huile a entraîné l'an dernier des émeutes dans plusieurs pays, dont Haïti et l'Egypte.
Jacques Diouf, directeur général de l'Agence des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), voit dans l'initiative adoptée à L'Aquila un "changement total, bienvenu et encourageant". Donner les "outils nécessaires" aux "agriculteurs des pays pauvres pour leur permettre de produire de la nourriture" peut permettre de résoudre le problème de la faim, a-t-il estimé, interrogé par l'Associated Press.
Quant au climat, un des autres grands dossiers du sommet, il a donné lieu à l'habituelle partie de ping-pong entre pays riches et pays émergents.
Le G-8 s'est mis d'accord pour la première fois sur la nécessité de limiter l'élévation des températures à deux degrés Celsius maximum, ainsi que sur une réduction des émissions de gaz à effet de serre d'au moins 80% à l'horizon 2050. Les dirigeants n'ont cependant pas fixé d'objectif à court terme ni pris d'engagement financier ou technologique pour aider les pays pauvres confrontés au changement climatique.
Les chefs d'Etat et de gouvernement ont par ailleurs constaté des "signes de stabilisation" de l'économie, plongée dans la plus grave récession depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais la situation économique "reste incertaine et des risques importants continuent de peser sur la stabilité économique et financière", ont-ils estimé.
Sur l'Iran, le président américain Barack Obama a rappelé que le sommet du G-8 n'était pas destiné à décider d'éventuelles sanctions contre Téhéran concernant le nucléaire. Lors du prochain sommet du G-20 (pays riches et émergents) en septembre prochain aux Etats-Unis, "nous réexaminerons la position de l'Iran (...) concernant la cessation de la politique d'armement nucléaire", a-t-il ajouté. La porte reste "ouverte" pour que Téhéran réponde à l'offre de dialogue de la communauté internationale, qui n'attendra toutefois pas "indéfiniment", a fait valoir le chef de la Maison Blanche.
En dépit du pouvoir économique et politique du G-8, certains dirigeants jugent désormais que ce groupe est de plus en plus restreint pour adopter des décisions économiques et politiques majeures. "Avec le président (brésilien) Lula, nous avons indiqué notre volonté de faire évoluer le G-8", a déclaré jeudi le président français Nicolas Sarkozy.
"Il nous semble déraisonnable d'envisager les grandes questions internationales sans l'Afrique, sans l'Amérique latine, sans la Chine, sans l'Inde", a-t-il dit, en souhaitant la mise en place d'un "G-14" regroupant les Huit, les principaux pays émergents ainsi que l'Egypte.
En clôture de leur sommet à L'Aquila, les dirigeants du G-8 ont observé une minute de silence à la mémoire des victimes du séisme qui a ravagé cette ville des Abruzzes (centre de l'Italie) le 6 avril dernier, faisant près de 300 morts et environ 50.000 sans abri. AP
ll/div/tl
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