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actu & culture


URUMQI, Chine - lundi 13 juillet 2009 à 17h22

Deux Ouïghours abattus par la police au Xinjiang


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La police a tué deux Ouïghours et en a blessé un troisième lundi à Urumqi (Xinjiang), où des dizaines de milliers de soldats sont stationnés pour ramener le calme, une semaine après les émeutes interethniques qui ont fait près de 200 morts dans cette province de l'ouest de la Chine.

Selon la police, ces trois hommes s'en étaient pris aux forces de l'ordre tentant de les séparer d'un quatrième Ouïghour, qu'ils avaient agressé au couteau.

C'est la première fois depuis le début de cette flambée de violence le 5 juillet au Xinjiang que les autorités chinoises reconnaissent que la police a ouvert le feu sur la population.

"La police a tiré en l'air en guise d'avertissement, mais cela n'a pas arrêté l'agression. Les policiers les ont ensuite abattus en vertu de la loi", a expliqué le responsable gouvernemental. Le blessé a été emmené à l'hôpital, et on n'avait pas de précisions sur son état.

Ces derniers jours, Pékin a envoyé des renforts au Xinjiang, imposant un étroit contrôle sur Urumqi et aux zones environnantes après les émeutes interethniques les plus sanglantes depuis des décennies, qui ont fait officiellement plus de 180 morts et 1.680 blessés.

Des photos des lieux du drame de lundi montrent un policier levant son arme pour frapper un homme, qui gît à terre, du sang sur la jambe. La scène a eu lieu devant des habitants terrifiés, non loin d'un des principaux quartiers ouïghours d'Urumqi.

Le récit d'un témoin, Zhang Ming, ouvrier sur un chantier voisin, diffère de la version officielle: selon lui, trois hommes ont surgi d'une mosquée armés de couteaux et s'en sont pris à la police paramilitaire qui surveillait la route. La police anti-émeute leur a alors donné la chasse, avant de les frapper et d'ouvrir le feu, selon lui. Il n'y avait dans le secteur aucun souhaitant parler à la presse de ce qui s'était passé.

Lundi, Urumqi était toujours survolée par des hélicoptères, des groupes de policiers montant la garde derrière leurs boucliers à de nombreux coins de rue, même si les véhicules blindés auparavant déployés sur la place du Peuple en étaient partis.

A Pékin, le régime, qui dit toujours vouloir protéger l'unité du pays après ces émeutes entre communautés, a exhorté les avocats à ne pas s'impliquer dans d'éventuelles poursuites liées aux violences au Xinjiang.

Tout avait commencé il y a une semaine lorsque des Ouïghours, demandant justice pour deux membres de leur communauté, tués le 25 juin lors d'une bagarre dans une usine du sud de la Chine avec des Hans, l'ethnie majoritaire en Chine, ont attaqué des Hans à Urumqi. La police anti-émeute est intervenue et les émeutes se sont emparées de la ville. Plus de 1.100 personnes ont été blessées, d'après les autorités.

On ne sait toujours pas exactement ce qui s'est ensuite passé, ni l'ampleur de la répression par les forces de l'ordre. Dans les jours qui ont suivi en tous cas, des groupes de Han ont mené des opérations de représailles dans toute la ville.

Selon Pékin, les émeutes ont coûté la vie à 137 Han, 46 Ouïghours, et un membre de la minorité musulmane Hui. Les Ouïghours estiment que le bilan dans leurs rangs est bien plus élevé. Et il pourrait s'alourdir, 74 des quelques 900 blessés toujours hospitalisés étant entre la vie et la mort, selon l'agence de presse étatique Chine nouvelle.

Les Ouïghours, musulmans turcophones qui sont neuf millions au Xinjiang, se plaignent de l'afflux de Hans dans la province, et de restrictions sur leur religion. Ils accusent les Han de discrimination et le Parti communiste de vouloir éradiquer leur langue et leur culture spécifiques. AP

nc/v/st




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