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La sixième journée d'action interprofessionnelle de l'année a peu mobilisé, mercredi. Des rassemblements et des défilés de faible ampleur ont eu lieu dans plusieurs villes et aucun mot d'ordre de grève nationale n'avait été lancé. L'intersyndicale, à l'origine des manifestations organisées depuis fin janvier pour un changement de politique face à la crise, est divisée.
Sept syndicats avaient appelé à cette mobilisation interprofessionnelle pour rappeler leurs revendications face à la crise, s'appuyant pour cela sur la "journée pour le travail décent" organisée le 7 octobre à travers le monde, depuis deux ans, par la Confédération syndicale internationale (CSI).
A Paris, 3.000 personnes selon la police se sont rassemblées en milieu d'après-midi devant le siège du Mouvement des entreprises de France (MEDEF). La police a également comptabilisé 1.300 manifestants à Lyon, ou encore 400 à 500 à Bordeaux. A Marseille, 500 personnes ont manifesté en fin de matinée, selon la CFDT.
Une réunion intersyndicale nationale est prévue lundi prochain à Paris pour discuter d'éventuelles suites.
Mais la CFTC, qui avait signé avec six autres syndicats (CGT, CFDT, CGC, FSU, UNSA et Solidaires) l'appel à la mobilisation de mercredi, avait pris ses distances mardi soir. Rappelant que cette journée de mobilisation était avant tout "internationale", elle jugeait que "l'amalgame avec l'intersyndicale doit donc cesser!". La CFTC affirme toutefois ne pas se désolidariser des autres syndicats "lorsqu'il s'agit de rechercher des solutions aux problèmes ou de négocier avec le patronat", sans pour autant partager "le même point de vue sur les méthodes à employer".
Quant au syndicat FO -qui n'a pas participé aux réunions intersyndicales des 8 et 28 septembre derniers- il avait opté mercredi pour un "meeting-débat" avec des syndicalistes étrangers à Paris, strictement dans le cadre posé par la CSI.
L'appel intersyndical? "C'est de l'agitation", a brutalement tranché le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly mercredi sur i>télé. "Je ne pense pas que ça va empêcher M. Sarkozy ou Mme Parisot de dormir", a-t-il lancé, rappelant que son organisation militait depuis plusieurs mois pour un appel intersyndical à une grève nationale interprofessionnelle unitaire de 24 heures.
Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a, de son côté, visiblement fait le deuil des "grandes manifestations organisées avant l'été", qui avaient réuni jusqu'à trois millions de personnes, selon les syndicats. Ces grands défilés faisaient partie d'un "moment d'urgence sociale, d'indignation, avec une nécessité de crier à la face du monde ce sentiment d'injustice", a-t-il expliqué mercredi sur France Inter.
Depuis l'été, "on est plus sur des actions dans les entreprises (...), des actions concrètes sur les plans sociaux, sur les conditions de travail, sur les salaires", a-t-il précisé. Et pour lui, "acceptons qu'en France l'action syndicale, ça ne soit pas toujours des manifestations". AP
god/mw
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