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actu & culture


WASHINGTON - samedi 24 octobre 2009 à 04h20

Des pilotes américains ratent l'aéroport de 240 km


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Etaient-ils distraits ? Endormis dans le cockpit? Les enquêteurs américains cherchent à comprendre comment l'équipage d'un Airbus de Northwest Airlines a pu voler à 11.000 mètres d'altitude et dépasser son objectif, Minneapolis (Minnesota) de 240 km sans réagir, alors que des avions de chasse au sol se tenaient prêts à toute éventualité.

Malheureusement, l'enregistreur du poste de pilotage ne devrait pas permettre d'élucider ce mystère.

Le pilote et son copilote ont passé des test pour savoir s'ils avaient bu, qui se sont révélés négatifs. Ils étaient désolés en revanche de ce dépassement de course dans la nuit de mercredi. Ils affirment avoir discuté passionnément de la politique aérienne, ce qui laisse les experts sceptiques. Les autres pilotes ont aussi du mal à croire que le sujet les aient absorbés au point d'oublier leur mission, poser un appareil transportant 140 passagers à destination.

Le plus probable, subodorent les spécialistes, serait que le pilote se soit simplement endormi quelque part sur le trajet, après avoir décollé de San Diego (Californie). "C'est une explication très plausible" pour Bill Voss, président de la fondation pour la sécurité des vols.

Les nouveaux enregistreurs de conversation dans le cockpit conservent deux heures de son, paroles et bruits, mais l'ancien modèle utilisé dans l'appareil de Northwestern sur le vol 188 ne retient pas plus de 30 mn, les dernières du périple. A ce moment-là, les pilotes avaient réalisé leur erreur et entrepris de revenir en arrière vers Minneapolis, quelque part au-dessus du Wisconsin.

Ils avaient traversé la nuit sans répondre aux contrôleurs aériens de deux Etats, et aux pilotes des autres avions croisant à proximité, qui ont tenté d'attirer leur attention par des appels sur leurs portables, des messages radio et sur écran. Au sol, les autorités aériennes inquiètes avaient demandé à la Garde nationale d'envoyer ses jets à leur recherche. Aucun appareil de chasse n'a décollé, mais la police et les agents du FBI s'attendaient au pire.

Craignant une action terroriste, même après que le contact ait été renoué, les contrôleurs aériens ont demandé à l'équipage de prouver qui ils étaient en faisant des ronds avec leur avion. "Les contrôleurs ont une vigilance accrue quand ils perdent le contact avec un appareil, c'est le contexte de l'après 11 Septembre" a rappelé Doug Church, porte-parole de l'association nationale des contrôleurs aériens.

Un rapport de police a signalé que le pilote et son copilote s'étaient montrés coopératifs et avaient présenté des excuses. La principale hôtesse a déclaré qu'elle n'avait rien remarqué d'anormal pendant le vol.

Bill Voss, président de la fondation pour la sécurité des vols, ne comprend pas que les instruments destinés à prévenir de pareils incidents ou à rectifier la trajectoire n'aient pas fonctionné jusqu'à la fin du vol. Le personnel de cabine ne s'est pas étonné de l'absence de préparation à l'atterrissage. La lumière du cockpit n'a pas fait comprendre au pilote ou au copilote qu'il était temps de se poser. Et même les lumières de Minneapolis ne les ont pas alerté. "Vous ne pourriez pas imaginez que cela arrive si cela n'était pas arrivé" selon Voss. AP

xo/v0740




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