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Les enquêteurs de l'agence mondiale de contrôle du commerce du diamant recommandent la suspension du Zimbabwe, accusé de couvrir les viols, meurtres, violences et trafics commis par ses forces de sécurité dans l'est du pays, selon un rapport confidentiel obtenu par l'Associated Press mercredi.
Les organisations de défense des droits de l'Homme étaient arrivées aux mêmes conclusions, malgré les démentis répétés des autorités zimbabwéennes. Les responsables du Système de certification du processus de Kimberley (KPCS) devraient rendre leur décision dans la semaine.
Le Processus de Kimberley a été créé en 2002 pour tenter de mettre fin à la circulation des "diamants de sang", dont le commerce alimente la violence armée en Afrique. Les participants au KPCS doivent certifier l'origine de leurs diamants, au risque sinon de se voir suspendus de l'organisation et de ce fait évités par les acheteurs.
Les enquêteurs du KPCS recommandent la suspension du Zimbabwe ou son retrait volontaire, jusqu'à ce qu'il respecte les règles.
Après avoir recueilli des témoignages dans la région diamantifère de Marange en juin et juillet derniers, les enquêteurs estiment que les informations fournies par les autorités "sont fausses, et probablement volontairement fausses". Ils jugent "crédibles" les accusations de contrebande de diamants portées contre les forces de sécurité.
Si les diamants bruts qui viennent de la région de Marange ne répondent pas strictement à la définition du KPCS des "diamants de sang", les enquêteurs estiment que l'absence d'état de droit qui règne dans cette zone permettrait facilement à des trafiquants d'importer des gemmes et de les vendre en les faisant passer pour des diamants zimbabwéens.
De nombreux mineurs clandestins se sont enfuis quand l'équipe du KPCS a tenté de les interroger mais sept d'entre eux ont déclaré travailler pour des soldats qui leur prennent 90% de la valeur des pierres trouvées. "Chacun de ces mineurs clandestins a rapporté avoir vu tuer des gens, parlant d'une à sept" personnes, selon le rapport. "Ce groupe a aussi dit avoir assisté à une extrême violence envers les mineurs clandestins" de la part de soldats, qui ont agi avec des fusils, des chiens, des matraques et des gaz lacrymogènes.
Des femmes "ont rapporté que, pendant leur garde à vue aux mains des forces de sécurité, elles ont été violées de façon répétée par des militaires et forcées à avoir des relations sexuelles avec des mineurs clandestins. Une victime a dit qu'elle avait été déclarée séropositive après avoir été forcée à avoir des relations sexuelles avec deux hommes puis violée par un militaire".
Les enquêteurs jugent "crédible" que des gangs obéissant à la police et aux soldats fassent sortir des diamants de la région de Marange depuis 2008 au moins, et probablement depuis que la production a commencé officiellement dans cette zone en 2007.
"L'équipe conclut que le gouvernement des autorités du Zimbabwe était au courant de (l'existence) de ces gangs et de la contrebande, et leur ont permis de continuer", selon le rapport.
L'organisation américaine de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) avait appelé la semaine dernière à la suspension du Zimbabwe du KPCS, affirmant que la contrebande de diamants ainsi que les meurtres et autres violences contre les civils de Marange profitaient au parti de la ZANU-PF du président Robert Mugabe.
Selon les responsables du Processus de Kimberley, le Zimbabwe a exporté près de 800.000 carats de diamants bruts extraits dans trois régions, dont celle de Marange, en 2008. AP
st/v586
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