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actu & culture


PARIS - mardi 14 avril 2009 à 13h53

Valérie Létard lance une campagne contre l'excision et les mariages forcés



La secrétaire d'Etat à la Solidarité Valérie Létard a présenté mardi deux campagnes parallèles de prévention contre les mariages forcés et les mutilations sexuelles féminines, "fléaux barbares, anachroniques et injustifiables", à l'aide de brochures d'information ayant vocation à "entrer dans les familles".

"Aujourd'hui, il faut savoir que, encore sur notre territoire national, chaque année 70.000 femmes sont menacées de mariage forcé, et il y a 55.000 femmes et jeunes filles excisées", a précisé Mme Létard lors d'une conférence de presse. "C'est une réalité présente ici en France".

Face à ces "violences coutumières", "le message c'est qu'aujourd'hui il faut briser le silence, supprimer toutes ces idées reçues sur les coutumes et ou la religion" qui les imposeraient, a souligné la secrétaire d'Etat. Et il faut "dire aux familles que la loi les punit sévèrement si elles s'engagent dans ces voies".

Dans le cadre du plan triennal de lutte contre les violences faites aux femmes, deux brochures "visant à atteindre les jeunes filles et les femmes le plus en amont possible" rappellent que la loi interdit ces deux pratiques et recensent les services et les associations auxquels s'adresser.

Conçue en collaboration avec les associations, la première brochure présente un visuel d'une main ouverte, tenue par une autre main au poignet, et à laquelle on glisse un anneau de fil barbelé à l'annulaire, dessin barré par une barre noire et accompagné du slogan "combattre les mariages forcés". La seconde représente une lame de rasoir barrée illustrée du slogan "combattre l'excision".

Une campagne d'affichage accompagne la distribution de 100.000 brochures dans les associations relais, les écoles, l'ensemble des professionnels du monde médico-social (médecins, lieux publics), a-t-elle ajouté.

Face à ces menaces, la France dispose "d'un arsenal juridique extrêmement organisé et très lourd, mais il faut qu'il soit accessible avant que cela n'arrive", a-t-elle noté. "On peut aller voir l'assistante sociale de l'école, en parler à son médecin qui n'est plus tenu par le secret professionnel face à des réalités de cette nature".

La présidente de l'association Elele qui lutte contre les mariages forcés, Gaye Patek, a expliqué qu'"il faut que les gens (acteurs de ces pratiques, NDLR) comprennent la loi", qui doit être "accompagnée d'informations et de la formation des esprits". Une suggestion reprise par Khady Koita, présidente du Réseau européen contre les mutilations sexuelles féminines, qui a proposé de distribuer ces brochures "dans les foyers de travailleurs immigrés". AP

Sur le Net: http://www.stop-violences-femmes.gouv.fr

ljg/cov/mw




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