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actu & culture


PARIS - mardi 03 novembre 2009 à 20h23

Les adversaires de l'EPR demandent sa suspension après les doutes émis sa sécurité



Alors que les autorités de sûreté française, britannique et finlandaise posent des questions la sécurité de l'EPR, la sénatrice écologiste Dominique Voynet a jugé mardi qu'il n'était "pas trop tard" pour arrêter la construction du réacteur nucléaire de troisième génération à Flamanville. Corinne Lepage exige également un moratoire sur la construction des EPR et les députés Verts s'apprêtent à demander la création d'une commission d'enquête parlementaire.

Les Autorités de sûreté nucléaire française, britannique et finlandaise ont demandé lundi à Areva, constructeur de l'EPR , "d'améliorer la conception initiale" du nouveau réacteur, pointant du doigt en particulier les systèmes de sûreté utilisés en cas d'incident.

"Les fondamentaux de l'EPR ne sont pas en cause", a assuré le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo dans un communiqué diffusé mardi soir. "Les procédures de sa certification ont plus progressé que tout autre car il est le réacteur commercialement le plus avancé de sa génération".

"Les réponses fournies par les exploitants et le fabricant devront permettre aux autorités de sûreté d'être assurées que les deux systèmes (de sécurité) ne sont pas susceptibles de faillir simultanément", explique le ministre. Pour lui, "ce processus exigeant démontre la transparence et le souci constant des autorités de garantir le meilleur niveau de sûreté et de sécurité s'agissant de l'industrie nucléaire".

Mais pour Dominique Voynet, "le moment est venu de faire une pause, de réfléchir". "Aujourd'hui, ce que nous disons depuis des années se confirme: un chantier ruineux, plus de trois milliards d'euros, un retard de plusieurs années, des doutes sérieux sur la sûreté", a accusé l'ancienne ministre sur France Inter, dénonçant "une machine trop grosse, 1.600 Mégawatts" face à laquelle "tous les experts de sûreté avaient tiré la sonnette d'alarme", selon elle.

La sénatrice des Verts a rappelé qu'elle n'a "jamais souhaité" le début de la construction de l'EPR à Flamanville (Manche). "On peut l'arrêter, on n'a fait que couler un peu de béton sur ce site, la nature reprendrait ses droits et la sagesse aussi. Il n'est pas trop tard".

Dans un communiqué, le parti écologiste CAP21 et sa présidente, l'eurodéputée MoDem Corinne Lepage, réitèrent de leur côté mardi leur demande de "moratoire" sur la construction des réacteurs EPR, qui constituent, selon eux, une "aberration sur le plan économique et industriel", notamment à cause des emplois en jeu en France.

Sur i>Télé, Corinne Lepage a jugé qu'il faut "reposer le choix du 'tout nucléaire', qui est le choix actuel du président de la République".

Enfin, le député écologiste Yves Cochet a annoncé vouloir déposer avec ses collègues Verts "cette semaine" à l'Assemblée "une demande de commission d'enquête parlementaire" sur l'ensemble des problèmes dans le nucléaire, comme l'EPR, "les incidents de Cadarache" ou "l'uranium de retraitement retrouvé en Russie".

Yves Cochet a regretté sur France Info que l'Autorité de sûreté n'aille pas "plus loin". "Je ne vois pas comment on peut continuer les travaux avec un plan, une conception de centrale qui ne correspond plus aux exigences de sûreté (...). Il faut donc revoir entièrement ce projet, ce qui équivaut, pour moi, à un arrêt de mort", a-t-il fait valoir.

Version "évoluée" des réacteurs à eau pressurisée, l'EPR est présenté comme plus puissant, plus sûr, moins gourmand en combustible, avec moins de rejets chimiques et radioactifs dans l'environnement. Mais les écologistes dénoncent un projet "inutile, dangereux et coûteux", qui empêchera la France de tenir ses engagements en matière d'énergies renouvelables.

En France, le premier réacteur EPR est censé entrer en service en 2012 à Flamanville (Manche), et un deuxième va être construit à Penly en Seine-Maritime, un projet piloté par EDF. Le premier EPR d'Europe est toujours en construction à Olkiluoto en Finlande, et accuse plus de trois ans de retard. Il ne pourra être opérationnel qu'en 2012.

Dans leur déclaration commune, l'Autorité de sûreté nucléaire française (ASN) et ses homologues britannique (HSE/ND) et finlandaise (STUK) ont pointé du doigt lundi le système de contrôle-commande du réacteur EPR, notamment les systèmes de sûreté utilisés en cas d'incident et "leur indépendance vis-à-vis des systèmes de contrôle", ceux utilisés pour exploiter l'installation en fonctionnement normal.

Areva a assuré que "la sûreté du réacteur EPR n'est pas mise en cause" et, s'agissant des demandes de l'ASN, s'est engagé "à apporter toutes les réponses attendues d'ici la fin de l'année". AP

lat/sb




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