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actu & culture


JOHANNESBOURG - lundi 19 mai 2008 à 20h55

Flambée de violences en Afrique du Sud: 22 morts


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Des foules déchaînées ont investi au cours du week-end les quartiers pauvres de Johannesbourg, s'en prenant aux étrangers au cours d'une vague de violences qui a fait 22 morts selon un nouveau bilan fourni lundi par la police.

Les violences avaient commencé dans la semaine dans l'immense township d'Alexandra. Les habitants y ont accusé les immigrés, principalement des Zimbabwéens ayant fui l'effondrement économique de leur propre pays, de leur voler les rares emplois et logements disponibles dans l'immense métropole sud-africaine.

La situation la pire a été enregistrée, selon la police, dans la nuit de samedi à dimanche dans le quartier de Cleveland, dans le centre de la ville, où vivent nombre de migrants. Deux des victimes ont été brûlées vives, trois autres frappées à mort. Plus de 50 ont été hospitalisées, blessées par balles ou à l'arme blanche.

Selon la police, des bandes criminelles ont en outre tiré profit de ces troubles pour se livrer à des pillages et fusillades et dimanche, le président Thabo Mbeki a annoncé l'ouverture d'une enquête sur cette vague de violences.

Johannesbourg, capitale économique du pays, attire des centaines de milliers d'immigrés, dont de nombreux clandestins, mais aussi d'autres installés depuis plus de dix ans et possédant des documents d'identité sud-africains. Les violences contre les étrangers sont sporadiques depuis des mois, dirigées principalement contre les boutiques tenues par les Somaliens, accusés de concurrence déloyale.

Les dernières violences ont aussi touché Hillbrow, dans le centre, et Tembisa, dans la banlieue, où d'importants pillages et destructions ont eu lieu, la police, débordée, décrivant un secteur transformé en "zone de guerre".

Selon Eric Goemaere, responsable de Médecins Sans Frontières Afrique du Sud, l'Eglise méthodiste centrale de la ville, où s'étaient réfugiés des centaines de Zimbabwéens, a été assiégée toute la nuit. Il a appelé le gouvernement a considérer les Zimbabwéens -qui seraient jusqu'à trois millions en Afrique du Sud- comme des réfugiés et à leur fournir une protection adéquate.

L'archevêque sud-africain Desmond Tutu, prix Nobel de la paix, a lancé un appel désespéré. "Je vous en prie, arrêtez. Arrêtez les violences maintenant. Nous ne pouvons pas agir ainsi. Ce sont nos frères et soeurs", a-t-il déclaré. AP

nc-ll/v0493




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