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Un lourd silence régnait samedi dans les rues de Bagdad où la circulation des véhicules a été interdite pour deux jours afin d'éviter d'éventuels attentats à l'occasion d'une importante fête chiite gravement endeuillée l'an dernier. Vendredi soir, sept pèlerins ont été tués dans un quartier sunnite de la capitale, selon la police.
Des agresseurs armés circulant en voiture ont criblé de balles le groupe de chiites qui traversait le quartier sunnite d'Adil, dans l'ouest de Bagdad, a précisé le lieutenant Maitham Abdul Razzaq.
En 2005, la commémoration au sanctuaire de Kazimiyah, dans le nord de Bagdad, du décès en 799 de l'imam Moussa Kadhim, septième des 12 imams (descendants directs du prophète Mahomet) du chiisme, s'était soldée par la mort de près d'un millier de pèlerins dans une bousculade provoquée par une rumeur sur la présence de kamikazes dans la foule massée sur un pont enjambant le Tigre. Cela a été le jour le plus meurtrier en Irak depuis le début de l'invasion du pays conduite par les Etats-Unis en mars 2003.
Le rassemblement chiite devant culminer dimanche, l'interdiction de circulation entrée en vigueur vendredi soir doit durer jusqu'à lundi matin. A part quelques patrouilles de policiers et soldats, peu de gens étaient visibles dans les rues de la capitale samedi, hormis aux alentours du sanctuaire de Kazimiyah, où l'on s'activait. Les pèlerins pouvaient notamment acheter des T-shirts imprimés à l'effigie de l'imam Kadhim tandis que l'on préparait un stand de ravitaillement. Environ un million de fidèles ont participé à la commémoration l'an dernier.
Le gouvernement irakien a souligné dans un communiqué qu'il était "absolument interdit" d'introduire armes, téléphones mobiles ou tout type de sac, même en plastique, dans le sanctuaire.
La tension est d'autant plus vive que la fête tombe en pleine opération américano-irakienne de sécurité à Bagdad, ville de 6,5 millions d'habitants, où près de 12.000 soldats ont été dépêchés en renfort pour tenter de mettre fin aux violences entre chiites et sunnites, qui font planer la menace de guerre civile sur le pays.
Au moins 13 autres personnes ont été tuées samedi dans le reste du pays, dont quatre soldats. AP
st/v131-211
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