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actu & culture


MEXICO - mardi 28 avril 2009 à 19h19

Le virus de la grippe porcine franchit de nouvelles frontières


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Mexique, Etats-Unis, Canada, Espagne, Grande-Bretagne, et maintenant Nouvelle-Zélande et Israël: la liste des pays touchés par la grippe porcine s'est allongée mardi. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a relevé son niveau d'alerte, mais se refuse à préconiser des mesures de quarantaine, de contrôles aux frontières ou de restrictions de voyages.

En faisant passer son niveau d'alerte de 3 à 4, sur une échelle de 6, l'OMS signifie que la maladie se propage facilement, mais n'est pas encore au stade de pandémie. Dans cette phase, le virus s'adapte à la transmission humaine et peut provoquer de façon soutenue des foyers d'infection, selon la gradation de l'agence onusienne.

Amérique du Nord, Europe et désormais Proche-Orient et zone Asie-Pacifique: mardi, en effet, les autorités sanitaires israéliennes ont fait état de deux cas confirmés de grippe porcine chez deux hommes de 26 et 47 ans revenant du Mexique, tandis que la Nouvelle-Zélande annonçait 11 cas confirmés et 43 cas suspects chez un groupe de lycéens et professeurs de retour d'un voyage scolaire au Mexique.

Le Mexique, épicentre de cette nouvelle grippe due au virus H1N1 de type A, reste de très loin le principal foyer de l'épidémie dans le monde et le seul pays ayant enregistré des décès (20 morts attribués de façon certaine à la maladie, et 132 autres imputés probablement au virus, soit un total de 152 morts certains ou probables, selon les responsables mexicains).

C'est également au Mexique qu'on recense l'immense majorité des malades, cas confirmés ou suspects: près de 2.000 personnes y présentent des symptômes de pneumonie, sans que l'on sache avec certitude s'ils sont réellement porteurs du A/H1N1.

Hors Mexique, les cas confirmés et suspects se comptent seulement par dizaines dans le du monde: 51 cas confirmés aux Etats-Unis -dont 28 dans une école du quartier du Queens à New York-, six cas confirmés au Canada, deux cas confirmés et sept suspects en Ecosse, 11 cas confirmés et 43 suspects en Nouvelle-Zélande, deux cas confirmés et 25 suspects en Espagne et deux cas confirmés en Israël. Par ailleurs, plusieurs pays européens annoncent des cas "en cours d'investigation": 20 en France, 13 en Suède, 12 au Danemark et cinq en Norvège.

Au plan médical, l'OMS a confirmé pour la première fois des cas de contamination par le virus H1N1 de type A chez des personnes qui n'avaient pas voyagé au Mexique, ce qui laisse penser que des personnes rentrées du Mexique ont transmis la maladie à des proches une fois revenues dans leur pays d'origine. Ces cas concernent des écoliers de New York, contaminés par des camarades de retour d'un voyage scolaire au Mexique.

L'épidémie a donc franchi une nouvelle étape inquiétante dans la mesure où on sait désormais que le virus est suffisamment virulent pour être transmissible entre humains dans d'autres pays et régions du monde, ce qui accroît la probabilité d'un stade pandémique.

Le responsable du département grippe à l'OMS, le Dr. Keiji Fukuda, a précisé que des spécialistes du monde entier étudiaient de très près cette nouvelle situation. Mais, pour lui, il est prématuré de dire que l'épidémie passera de façon "inévitable" à la phase de pandémie.

Alors que l'Union européenne, le Canada et Israël déconseillent tout voyage non essentiel vers les régions du Mexique et des Etats-Unis touchées par la maladie, l'OMS se refuse pour l'instant à recommander des restrictions aux déplacements ou des mises en quarantaine.

"Les contrôles aux frontières ne marchent pas. Les restrictions de voyages ne marchent pas", a expliqué Gregory Hartl, porte-parole de l'OMS à Genève, citant l'exemple de l'épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) qui avait fait 774 morts, principalement en Asie, en 2003. Pour lui, de telles mesures entraînent davantage de perturbations économiques que de bénéfices en terme de santé publique. En outre, note le Dr. Fukuda, il est trop tard pour envisager des mesures de "confinement".

Au Mexique, où toutes les écoles sont fermées depuis lundi et jusqu'au 6 mai, de nouvelles mesures drastiques ont été ordonnées mardi avec l'interdiction pour les restaurants de servir leurs clients en salle -seuls les plats à emporter sont autorisés- et la fermeture des cinémas, des zoos, des musées, des salles de sport et des piscines dans la capitale Mexico. AP

sop/V/nc




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