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actu & culture


MORONI, Comores - mercredi 01 juillet 2009 à 21h04

Crash de la Yemenia Air: seule une balise de détresse détectée


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Au lendemain de l'accident de l'Airbus A310 de la Yemenia Air au large des Comores, un avion de l'armée française a détecté mercredi l'émission radio d'une balise de détresse de l'appareil, tandis que la compagnie a annoncé un premier dédommagement aux familles des victimes. Selon le secrétaire d'Etat à la Coopération et la Francophonie Alain Joyandet qui s'est à Moroni, la jeune Bahia, unique rescapée du drame, a quitté mercredi soir la capitale des Comores à destination de la France à bord d'un avion spécial.

La jeune fille âgé de 14 ans doit être hospitalisée à Paris, a ajouté M. Joyandet. Par ailleurs, le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a ouvert une information judiciaire contre X pour homicide involontaire, afin de déterminer les causes de l'accident et les éventuelles responsabilités, a-t-on appris de source judiciaire. Trois juges ont été co-saisis de cette enquête.

Le Transall envoyé par l'armée de l'Air française n'a pas repéré le signal d'une boîte noire de l'A310 qui s'est abîmé avec 153 personnes à son bord, dont 66 Français, mais celui d'une balise de détresse, a déclaré à l'Associated Press le commandant Bertrand Mortemard de Boisse, commandant des forces armées du sud de l'océan Indien (FAZSOI).

"Le Transall a détecté une émission radio d'une balise de détresse", a-t-il dit en précisant que la gamme de fréquence correspondait bien à une balise de détresse et pas à celle d'une boîte noire comme cela avait été initialement annoncé à la mi-journée par les secrétaires d'Etat Alain Joyandet (Coopération) et Dominique Bussereau (Transports).

Trois navires, dont la frégate "Nivôse", et le Transall des FAZSOI poursuivaient les recherches mercredi sur la zone du crash dans des conditions rendues difficiles par des vents et des courants très forts. Selon l'ambassade du Yémen à Washington, qui a évoqué les turbulences et les vents violents comme un des facteurs possibles du crash, cinq corps ont été retrouvés jusqu'à présent.

Bahia, l'unique rescapée de l'accident, a quitté ce mercredi soir Moroni, où elle est hospitalisée depuis mardi, pour rentrer en France. L'adolescente de 14 ans, qui a passé 12 heures dans l'eau avant d'être secourue, souffre d'hypothermie, d'une fracture de la clavicule et de contusions, a indiqué son oncle Joseph Youssouf. Elle a reçu mercredi la visite du vice-président des Comores, Idi Nadhoim, et de M. Joyandet.

"Elle est en forme et elle va rentrer à Paris avec nous", a déclaré ce dernier sur France-Info, après l'avoir vue à l'hôpital El Maarouf de Moroni. "Elle est physiquement hors de danger, elle est évidemment très traumatisée", a-t-il déclaré, décrivant la jeune fille habitant en région parisienne comme "très fatiguée".

Alors que la communauté comorienne de France faisait part de sa colère face à l'état des appareils de la Yemenia Air, Fayçal Emran, chef du bureau de la compagnie yéménite à Paris, a promis mercredi qu'un versement initial de 20.000 euros allait être versé aux familles de chaque victime du vol IY626, en guise de premier dédommagement après le crash. Il a également confié à APTN que la Yemenia Air faciliterait le transport des familles des victimes aux Comores. "Le siège social a décidé de donner un billet pour chaque famille afin de participer aux funérailles ou aux cérémonies", a-t-il déclaré.

A Sanaa, capitale du Yémen, Mohammed Abdul Qader, porte-parole de Yemenia et directeur adjoint de l'Aviation civile du pays, a affirmé que l'A310-300 accidenté était en état de voler et avait bénéficié des travaux de maintenance prévus par les réglementations internationales. L'appareil "avait toutes les spécificités de sécurité nécessaires", a-t-il déclaré à l'AP, démentant les informations selon lesquelles l'avion ne disposait pas de ceintures de sécurité.

Dans un entretien publié vendredi dans "Le Figaro", Dominique Bussereau détaille les "anomalies inquiétantes" chez Yemenia Air qui avaient été relevées en 2007 par les autorités françaises. "Les contrôleurs de la Direction générale de l'aviation civile avaient (...) signalé des sièges pour l'équipage et pour les passagers hors service, une pression insuffisante pour manoeuvrer en ouverture de secours les portes de l'avion, ainsi que du matériel de soute qui n'était pas convenablement attaché", déclare le secrétaire d'Etat aux Transports. "Nous avions également constaté que la documentation de bord n'était pas à jour et que les bouteilles d'oxygène n'étaient pas attachées".

A l'aéroport de Roissy, un vol Paris-Sanaa de la Yemenia Air a décollé avec une vingtaine de minutes de retard mercredi matin en raison d'une manifestation de jeunes d'origine comorienne qui tentaient de dissuader les passagers de monter à bord de l'avion, Yemenia Air étant pointée du doigt pour de possibles manquements en matière de sécurité. Une centaine de passagers, parmi lesquels se trouvaient quatre bébés, sont finalement montés dans l'avion, mais une soixantaine n'ont pas enregistré leurs bagages, précisait-on de source aéroportuaire. AP

pyr-jp/pas1/div/mw-ll/v0649




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