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L'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) a appelé jeudi à une harmonisation, au niveau mondial, des normes de sécurité dans le transport aérien pour minimiser les risques d'accident dans les pays en développement.
L'adoption de normes plus strictes, similaires à celles en vigueur dans les pays occidentaux, sera au menu de la prochaine assemblée générale de l'OACI, en décembre, a précisé Roberto Kobeh Gonzales, président de l'organisation onusienne, basée à Montréal, qui regroupe 190 pays.
"Nous devons élaborer une nouvelle stratégie en matière de sécurité aérienne", a-t-il déclaré à la presse. "Nous voulons que ce soit fait conjointement, nous ne voulons pas des systèmes différents utilisés dans différentes régions."
L'Union européenne a établi une liste de 194 compagnies aériennes, essentiellement africaines, qui ne répondent pas aux normes de sécurité internationales. Mais les experts soulignent que la plupart des transporteurs sur la liste ne sont plus en activité ou n'embarquent que du fret.
De nombreux analystes pointent du doigt la dérégulation aérienne en Afrique et dans certains pays asiatiques, comme l'Indonésie, pour expliquer un fort déclin des normes de sécurité survenu ces 15 dernières années. Une pléthore de nouvelles compagnies sont apparues, faisant souvent voler de vieux avions de conception soviétique avec des équipages qui maîtrisent mal l'anglais, la langue internationale du transport aérien.
M. Gonzales assure toutefois que l'avion reste le moyen de transport le plus sûr au monde. "Le transport aérien lui-même est beaucoup plus sûr aujourd'hui qu'il y a 20, 10 ou même cinq ans", a-t-il affirmé à Bruxelles lors d'une conférence de presse conjointe avec le commissaire européen aux Transports, Antonio Tajani.
Ce dernier a appelé la semaine dernière à la création d'une liste noire mondiale, du même type que celle de l'UE, pour les compagnies aériennes jugées non fiables. Une demande formulée après le crash de l'Airbus A310 de la Yemenia Airways, qui s'est abîmé dans l'océan Indien, près des Comores, faisant 153 morts, dont 66 Français.
"Nous avons besoin d'un système mondial, comme celui de l'UE", a réaffirmé jeudi M. Tajani. "Nous devons savoir si telle ou telle compagnie aérienne est dangereuse pour ses passagers."
De son côté, le secrétaire d'Etat français à la Coopération Alain Joyandet participera vendredi à Ouagadougou, au Burkina Faso, à la réunion du comité des ministres de l'Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA). Créée en 1959, l'ASECNA regroupe 17 pays africains et la France. Elle est chargée de la sécurité aérienne et gère l'approche et l'atterrissage des avions sur les aéroports concernés. AP
lma/v475/com/tl
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