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Les affrontements se poursuivaient mercredi dans la ville de Maiduguri, dans le nord du Nigeria, où des blindés de l'armée encerclaient le repaire du dirigeant de la secte islamiste à l'origine des violences de ces derniers jours, selon un journaliste local.
Olugbenga Akinbule a rapporté que des habitants fuyaient le secteur des combats, qui ont selon lui déjà fait plus de 3.000 déplacés dans la capitale de l'Etat de Borno. Le journaliste a dit avoir assisté à des affrontements mercredi matin non loin de la maison de Ustaz Mohammed Yusuf considéré par les autorités comme l'instigateur des attaques menées contre la police depuis dimanche.
Le président Umaru Yar'Adua a appelé au calme mardi soir, assurant à la presse que "cette situation est en train d'être maîtrisée". "Je pense que l'opération que nous venons de lancer permettra de les maîtriser une fois pour toutes", a-t-il ajouté. Un calme tendu était revenu dans la soirée dans les villes de la région où les autorités ont décrété le couvre-feu.
Les affrontements ont fait au moins 55 morts depuis que les djihadistes ont lancé leur offensive dimanche, dont 50 militants et cinq policiers, selon le bilan encore provisoire de la police nationale. Les attaques ont commencé dans la ville de Bauchi et se sont étendues à trois autres Etats à majorité musulmane.
A Maiduguri, devenu l'épicentre des violences, le général Saleh Maina a déclaré que ses hommes traquaient les adeptes de la sectes dans les maisons et une mosquée proche de la gare. Les responsables gouvernementaux n'ont pas répondu aux questions mercredi.
La secte est connue sous différents noms, dont "Al-Sunna wal Jamma", "les fidèles à l'enseignement de Mahomet" en arabe, et "Boko Haram", ou "l'éducation occidentale est un péché" en dialecte local. Le chef de la police nationale, Ogbonnaya Onovo, désigne les adeptes par l nom de "talibans", bien qu'il n'y ait pas de lien connu avec les fondamentalistes d'Afghanistan.
L'organisation veut instaurer un Etat islamique obéissant à une interprétation stricte de la loi coranique, la charia. Elle s'est fait connaître par une première vague d'attaques à la veille du Nouvel An en 2003 et a récidivé fin 2004. En ce qui concerne les violences actuelles, des observateurs estiment que le feu couvait depuis plusieurs mois à la suite d'opérations de police qui ont permis la saisie d'armes et d'explosifs.
Le Nigeria est le pays le plus peuplé d'Afrique, avec 140 millions d'habitants, dont la moitié environ sont chrétiens, principalement dans le Sud, et l'autre musulmans, principalement dans le Nord. La charia a été instaurée dans 12 Etats du Nord après le retour au gouvernement civil en 1999 à l'issue de plusieurs années de régime militaire. Plus de 10.000 Nigérians ont péri dans les violences sectaires depuis. AP
st/v410
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