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Des centaines de rebelles de la minorité ethnique Kokang dans le nord-est de la Birmanie se sont réfugiés en Chine dimanche, remettant leurs armes et leurs uniformes à la police frontalière chinoise après plusieurs jours de combats avec les troupes gouvernementales birmanes.
Jusque-là muette sur ces violences, la junte birmane a déclaré dimanche que 26 membres de ses forces et au moins huit rebelles avaient péri en trois jours mais que "la région (avait) retrouvé la paix".
Les Nations unies et des responsables chinois estiment que jusqu'à 30.000 civils se sont réfugiés de l'autre côté de la frontière, en Chine, après l'irruption de centaines de soldats dans le Kokang et le début des affrontements armés.
Cette région relativement autonome et paisible depuis les années 1990 abrite principalement des Hans sinophones, l'ethnie majoritaire en Chine, et est dirigée par une milice locale, mais le régime militaire birman veut renforcer son contrôle sur les guérillas ethniques aux frontières dans la perspective des élections législatives prévues pour l'an prochain.
Ce seront les premières depuis celles de 1990, largement remportées par la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de l'opposante Aung San Suu Kyi, et dont la junte a refusé de reconnaître les résultats.
Selon Campaign for Burma, une organisation d'observation de la Birmanie basée aux Etats-Unis, la plupart des rebelles Kokang ont remis leurs armes aux autorités chinoises en franchissant la frontière et troqué leurs uniformes verts contre des pantalons et chemises de coton bleu, mais on ignore si leur chef, Peng Jiashen, se trouvait parmi eux. Environ 700 insurgés auraient quitté le Kokang.
"Nous n'avions aucune chance de gagner", a déclaré à l'Associated Press l'un de ces rebelles, Ri Chenchuan, qui s'achetait des vêtements dans l'une des rares boutique de la ville de Meng Peng, située à une vingtaine de kilomètres de la frontière, dans les montagnes. Plusieurs rebelles disent être arrivés samedi et avoir dormi à la belle étoile dans le marché aux légumes. L'un d'eux, Li Jiayun a affirmé que la guérilla avait choisi de se retirer "pour qu'il n'y ait pas davantage de victimes civiles".
Les affrontements ont tendu les relations entre la Chine et son allié birman, auquel Pékin a demandé de mettre fin aux combats à la frontière, de peur que le 60e anniversaire de la République populaire de Chine ne soit perturbé. Le Kokang est par ailleurs traditionnellement soutenu par Pékin en raison de ses liens avec le Parti communiste, selon des activistes birmans en exil.
Un responsable du Bureau de la Sécurité publique du comté chinois de Zhenkang, chargé de la zone frontalière, a affirmé dimanche sous le couvert de l'anonymat qu'aucun accrochage armé n'avait été signalé depuis la veille au soir.
La zone de conflit au bord du Triangle d'or de la drogue, aux confins de la Birmanie, de la Thaïlande et du Laos. Nombre des guérillas ethniques du secteur ont financé leurs activités par le trafic de drogue.
Les Etats du Kokang et de Wa, voisins, tous deux isolés du fait de leur relief montagneux et du manque de routes, sont traditionnellement les principales régions de culture de l'opium. La Birmanie est le deuxième exportateur d'héroïne du monde après l'Afghanistan. AP
st/v266
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