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Au moins 37 personnes ont été tuées jeudi dans trois attaques et un attentat à la voiture piégée dans l'est et le nord-ouest du Pakistan, théâtre depuis une dizaines de jours d'un regain de violences imputées aux talibans.
Les trois attaques ont visé un bâtiment gouvernemental et deux écoles de police à Lahore (est), capitale culturelle du Pakistan, qui a été paralysée pendant plusieurs heures.
La première attaque a débuté à 9h00 locales lorsqu'un groupe d'hommes armés a pris d'assaut un bâtiment de la Federal Investigation Agency, une agence gouvernementale gérant notamment les affaires d'immigration et de terrorisme. Au terme d'une fusillade d'une heure et demie, deux assaillants, quatre employés gouvernementaux et un passant ont été tués, selon Sajjad Bhutta, responsable gouvernemental local.
Peu après, un commando a attaqué une école de police à Manawan, en banlieue de Lahore. Neuf policiers et quatre assaillants ont été tués, selon des sources policières et hospitalières locales. Enfin, un policier et cinq assaillants ont été tués dans l'attaque d'une autre école de police à proximité de l'aéroport de Lahore, selon le chef de la police de la ville Pervez Rathore. Lors de cet assaut, les forces de l'ordre ont pu libérer une famille retenue en otage par les militants, a précisé Chaudhry Shafiq, un haut responsable de la police.
Dans le nord-ouest du pays, un attentat à la voiture piégée contre un poste de police du district de Kohat a fait onze morts -trois policiers et huit civils, selon Abdullah Khan, chef de la police locale.
Ces attaques n'avaient pas été revendiquées jeudi après-midi. Mais les autorités les imputent aux talibans, qui ont lancé une série d'opérations sanglantes depuis une dizaine de jours pour empêcher une offensive de grande ampleur de l'armée au Sud-Waziristan, région frontalière de l'Afghanistan et fief des fondamentalistes armés.
Le président pakistanais Asif Ali Zardari a affirmé jeudi que cette vague de violences ne dissuaderait pas le gouvernement face à la menace extrémiste, selon un communiqué relayé par l'agence de presse officielle. "L'ennemi a déclenché une guérilla", a de son côté déclaré le ministre de l'Intérieur Rehman Malik. "Le pays tout entier doit être uni contre cette poignée de terroristes et, si Dieu le veut, nous les vaincrons."
L'armée pakistanaise n'a donné aucun calendrier précis pour l'offensive au Sud-Waziristan, mais elle aurait déjà déployé deux divisions, soit 28.000 hommes, pour quadriller la zone. Des bombardements de positions talibanes ont déjà eu lieu pour préparer une opération terrestre.
Par ailleurs, un missile, probablement américain, a tué quatre personnes dans la région de Dande Derpa Khel, au Nord-Waziristan, région tribale du nord-ouest du Pakistan, d'après des officiers des services de renseignement pakistanais. La zone est fréquemment touchée par des missiles américains recherchant des cibles parmi les talibans ou les militants d'Al-Qaïda.
Le gouvernement pakistanais a officiellement protesté à plusieurs reprises contre les tirs de missiles américains sur son territoire. Mais, selon plusieurs spécialistes, Islamabad et Washington ont conclu un arrangement secret permettant ce type d'opérations américaines. AP
jp/v/st
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