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actu & culture


KABOUL - mardi 20 octobre 2009 à 19h06

Afghanistan: un second tour le 7 novembre pour sortir de l'impasse présidentielle


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Sous la pression internationale, le président sortant Hamid Karzaï a accepté un second tour en Afghanistan: les électeurs seront rappelés aux urnes le 7 novembre prochain pour départager les candidats à la présidentielle, a annoncé mardi la Commission électorale afghane, deux mois jour pour jour après les élections du 20 août.

Après des semaines de confusion politique, en pleine expansion de l'insurrection des talibans, la Commission électorale indépendante a donc statué qu'aucun candidat n'avait obtenu plus de 50% des suffrages le 20 août dernier, et fixé le second tour au 7 novembre.

La veille, la commission des plaintes électorales (ECC), une instance sous l'égide de l'ONU et chargée de vérifier la régularité du premier tour, avait invalidé près d'un tiers des bulletins de vote favorables à Karzaï, excluant de ce fait toute victoire du président sortant dès le premier tour.

Si elle a exprimé encore "quelques réserves" sur ces conclusions, la Commission électorale a néanmoins décidé d'organiser un second tour en raison des "contraintes du calendrier, de l'arrivée imminente de l'hiver et de l'existence de problèmes dans le pays". On ne pouvait laisser plus longtemps "le peuple d'Afghanistan dans l'incertitude", a expliqué le président de la Commission, Azizullah Lodin.

La commission électorale a établi que Karzaï avait obtenu 49,7% des suffrages, un total plus élevé que les estimations indépendantes, mais toutefois insuffisant pour l'emporter dès le premier tour.

Le président sortant a donc reconnu devant la presse la nécessité d'un second tour, "légitime, légale et conforme à la constitution de l'Afghanistan". Signe des intenses pressions internationales pour le faire changer d'avis, Hamid Karzaï était flanqué du sénateur démocrate John Kerry, président de la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, et du représentant des Nations unies en Afghanistan Kai Eide.

Les entretiens de John Kerry avec Hamid Karzaï s'étaient visiblement poursuivis jusqu'à la dernière minute pour convaincre l'ancien protégé de Washington, au pouvoir depuis la chute des talibans fin 2001.

Les grandes capitales occidentales ont aussitôt salué la décision de Karzaï, qui affrontera donc son principal rival Abdullah Abdullah, ancien ministre des Affaires étrangères, au second tour.

"Les actions constructives du président Karzaï ont établi un précédent important pour la nouvelle démocratie d'Afghanistan", s'est félicité le président américain Barack Obama. Sa décision montre "qu'il est un homme d'Etat, qui sait distinguer l'essentiel, dans l'intérêt supérieur de son pays et de l'unité du peuple afghan", a souligné son homologue français Nicolas Sarkozy.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a également félicité Karzaï, tout en soulignant que l'organisation de ce second tour représentait un "défi énorme" après les leçons utiles mais "douloureuses" du premier tour. Il a promis davantage d'aide de l'ONU pour ce scrutin.

Rome a de son côté promis que les 400 soldats supplémentaires envoyés en renfort pour assurer la sécurité des élections du 20 août, resteraient en Afghanistan pour le second tour.

D'après des sources diplomatiques, un accord de partage du pouvoir, dont la forme reste floue, était l'une des options envisagées lors des discussions pour sortir de l'impasse. Mais il faudrait sans doute plusieurs semaines ou plusieurs mois pour sceller un accord entre les deux rivaux. Hamid Karzaï l'a exclu devant la presse, assurant "qu'il n'y a pas de place pour un gouvernement de coalition dans la loi".

Mais l'accord sur la tenue d'un second tour pourrait malgré tout n'être que le prélude de négociations pour aplanir les différends entre les camps de Karzaï et d'Abdullah. Si John Kerry a assuré ne pas avoir discuté de partage du pouvoir avec le président sortant, d'autres diplomates ont affirmé que le sujet faisait partie des discussions.

Car beaucoup s'inquiètent qu'un second tour, dont Karzaï serait largement favori, ne produise pas de meilleurs résultats que le premier. Les mêmes risques de fraude, de violences, d'attentats meurtriers des talibans et de tensions ethniques pèsent sur le scrutin du 7 novembre. Et en cas de report, le vote pourrait être entravé par la neige qui paralyse la majeure partie du nord de l'Afghanistan dès la mi-novembre.

L'accord de mardi intervient au moment où Barack Obama doit se prononcer sur sa stratégie en Afghanistan et un éventuel renforcement massif des troupes américaines dans le pays. A Washington, le porte-parole de la Maison Blanche Robert Gibbs a dit qu'il n'était pas encore décidé si le président des Etats-Unis attendrait les résultats du second tour pour faire connaître sa décision, toujours attendue dans "les prochaines semaines". AP

sb/v/nc




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