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actu & culture


KABOUL - mercredi 21 octobre 2009 à 13h11

Présidentielle afghane: Abdullah Abdullah accepte l'organisation d'un second tour


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Abdullah Abdullah, principal rival du président sortant Hamid Karzaï, a accepté mercredi de participer au second tour de la présidentielle afghane, prévu le 7 novembre prochain, ouvrant la voie à une épreuve de force à hauts risques, à l'approche des neiges hivernales et face aux menaces des talibans.

Le docteur Abdullah, ex-ministre des Affaires étrangères, a expliqué lors d'une conférence de presse avoir téléphoné à Hamid Karzaï pour le remercier d'avoir accepté l'organisation d'un second tour. "Nous sommes totalement prêts pour le second tour", a-t-il ajouté, appelant les responsables afghans à organiser "une élection libre, juste et crédible", avec un dispositif de sécurité suffisant pour encourager les électeurs à aller voter

Le principal challenger de Hamid Karzaï a souhaité que le scrutin de novembre se déroule dans les temps, et "dans de bonnes circonstances".

"Nous devons prendre les mesures qui s'imposent pour éviter une répétition" des fraudes du mois d'août, a-t-il prévenu. Les électeurs de régions sous la menace des talibans prendront des risques pour voter et doivent être "sûrs que le risque en vaut la peine".

Abdullah Abdullah a précisé qu'il préparait une liste de conditions pour que le scrutin se déroule de manière équitable. Mais il a reconnu que la sécurité était loin d'être assurée partout: "il y a des situations que nous ne pouvons pas changer dans les 15 jours qui viennent, notamment dans les régions où les talibans peuvent menacer les gens", a-t-il observé.

"Je serai flexible, mais je serai sérieux par rapport à cela parce que, après tout, c'est la transparence et l'équité des élections qui décideront du résultat", a-t-il dit.

Lundi, le président sortant avait accepté les conclusions de la commission des plaintes électorales (ECC) chargée de vérifier la régularité du scrutin du 20 août, qui avait invalidé près d'un tiers des bulletins de vote favorables à Karzaï.

Après des semaines de confusion politique, en pleine expansion de l'insurrection des talibans, la Commission électorale indépendante a statué qu'aucun candidat n'avait obtenu plus de 50% des suffrages le 20 août dernier, et fixé le second tour au 7 novembre.

Les responsables électoraux, au niveau national, ont renvoyé 200 personnes qui avaient été chargées de surveiller le scrutin dans leur district -soit environ la moitié de celles impliquées dans le premier tour- suite aux plaintes de candidats ou d'observateurs concernant des fraudes dans leurs régions, a annoncé l'ONU la semaine dernière.

La déclaration d'Abdullah va permettre l'organisation d'un second tour qui, selon le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, représente un "défi énorme" après les leçons utiles mais "douloureuses" du premier tour: l'ONU a mis de côté plus de 20 millions de dollars (13,4 millions d'euros) pour l'organisation de ce second tour, selon un porte-parole à Kaboul, Aleem Siddique.

Il sera difficile de trouver des remplaçants aux responsables électoraux locaux impliqués dans les fraudes. Le gouvernement avait déjà dû batailler cet été pour recruter suffisamment de personnels chargés du bon déroulement du scrutin, particulièrement dans les bureaux de vote réservés aux femmes. On ignorait dans l'immédiat s'ils pourraient trouver du personnel mieux qualifié.

"Il est difficile de voir comment un second tour peut être crédible, sans que la sécurité des femmes et l'accès aux bureaux de vote soient améliorés de manière spectaculaire", a déclaré Rachel Reid, qui travaille pour "Human Rights Watch" à Kaboul.

La Commission électorale indépendante doit aussi finaliser la liste des bureaux de vote. Une grande partie des fraudes, lors du premier tour, était due à des bulletins arrivant de "bureaux de vote fantômes" qui n'ont jamais ouvert parce qu'ils étaient situés dans des régions dangereuses.

Mais le fait de fermer ces bureaux empêcherait les électeurs de ces régions de voter: Kai Eide, le représentant des Nations unies en Afghanistan, a affirmé qu'il travaillait actuellement pour permettre leur ouverture afin d'éviter que des électeurs soient privés de leur droit de vote.

Sur le terrain, la situation est toujours très dangereuse. Un soldat américain a été tué mardi dans le sud par l'explosion d'une bombe, portant à 30 le nombre d'Américains tués en Afghanistan en octobre, a annoncé l'armée américaine mercredi. AP

ljg/pyr/v0251/nc




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