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Remake de celle de 2004, l'élection présidentielle qui aura lieu dimanche en Tunisie, en même temps que les législatives, verra la participation de quatre candidats.
Au pouvoir depuis 22 ans, le président en exercice Zine El Abidine Ben Ali, 73 ans, brigue un cinquième mandat consécutif de cinq ans qu'il est quasiment assuré de remporter face à trois candidats de l'opposition.
Soutenu par le puissant parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), qui, selon ses dirigeants, compte plus de deux millions d'adhérents sur une population de dix millions d'habitants, le successeur du "père de l'indépendance" tunisienne, Habib Bourguiba, qu'il avait démis en 1987 pour "sénilité", se prévaut de l'appui des organisations de masse telles les centrales syndicale, patronale, féminine et des agriculteurs, ainsi que d'une multitude d'associations.
Trois des huit partis de l'opposition légale se sont même ralliés à sa candidature.
Pour justifier ce quasi-unanimisme autour de "l'artisan du changement", ses partisans mettent en avant son bilan "largement positif". Après avoir "sauvé le pays de la déliquescence", il est crédité de l'avoir hissé, en deux décennies au rang de pays émergent, souvent qualifié de "dragon de l'Afrique".
Pour son cinquième et -normalement- dernier mandat, selon la Constitution telle qu'amendée en 2002, il ambitionne d'élever la Tunisie au statut de pays avancé.
A son arrivée au pouvoir, il avait abrogé la présidence à vie instituée par son prédécesseur, en limitant à trois le nombre de mandats présidentiels. Cette limitation a été supprimée en 2002 par voie référendaire et l'âge de la candidature à la présidence repoussé de 70 à 75 ans.
En revanche, le bilan politique est loin de faire l'unanimité. Son régime est régulièrement la cible de critiques d'organisations non gouvernementales et d'une partie de l'opposition qui l'accusent d'atteintes aux libertés et aux droits de l'Homme
Tout en rejetant ces accusations qui, selon Tunis, "ne collent pas avec la réalité tunisienne", le président tunisien se dit constamment attaché à un processus démocratique "irréversible", mais qui, à ses yeux, doit s'accomplir "progressivement et à pas sûrs pour prémunir le pays des revers qui ont été néfastes à d'autres pays", en allusion à la menace islamiste.
Le président-candidat aura pour adversaires trois dirigeants de l'opposition dont deux modérés, considérés proches du pouvoir. Tous trois ne se font du reste guère d'illusions quant à l'issue du scrutin.
Le chef du parti de l'unité populaire (PUP), Mohamed Bouchiha, avoue que sa candidature vise à "contribuer à l'évolution de la vie politique".
Premier opposant à avoir franchi la barre des 1% lors de la précédente présidentielle, cet ancien journaliste et professeur d'histoire et géographie, âgé de 60 ans, présente son parti comme "une force de proposition et de compromis".
Quant au dirigeant de l'Union démocratique unioniste (UDU), d'obédience nationaliste arabe, Ahmed Inoubli, il prône "une nouvelle génération de réformes politiques" pour promouvoir les libertés et consacrer le respect des lois.
Cet avocat de 51 ans propose un contrôle parlementaire effectif du gouvernement, la révision du code électoral pour instaurer un scrutin à la proportionnelle et l'abolition du code de la presse jugé inadapté à la liberté d'opinion et d'expression.
Plus critique envers le pouvoir, le leader du mouvement Ettajdid (Le Renouveau ex-parti communiste), Ahmed Brahim, se démarque des deux précédents et se défend de faire de la figuration. Il se présente comme "un vrai candidat de l'opposition démocratique" et entend "traiter d'égal à égal" avec le candidat du parti au pouvoir, en dépit d'un rapport de forces inégal, "inouï et irréaliste", selon ses dires.
"Je suis conscient que l'alternance n'est pas pour demain, mais au moins que le pays entende des voix différentes", clame-t-il.
Depuis le lancement de la campagne électorale, cet universitaire de 63 ans n'a cessé de dénoncer "les entraves" auxquelles il se heurte ainsi que son parti, en déplorant "l'absence d'égalité de chances entre les candidats en lice". AP
bb/tl
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