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actu & culture


TEHERAN - vendredi 23 octobre 2009 à 18h52

Nucléaire: l'Iran répond par une contre-proposition


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L'Iran n'a pas répondu vendredi à l'offre onusienne d'enrichissement de son uranium en Russie, proposant à la place d'acheter à l'étranger de l'uranium déjà enrichi. Cette solution ne devrait pas satisfaire les Etats-Unis notamment, qui menacent de durcir les sanctions pour empêcher Téhéran de se doter de l'arme nucléaire.

Le projet d'accord de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) prévoyait que l'uranium iranien à 3,5% soit enrichi à 20% environ en Russie puis envoyé en France et transformé en combustible destiné au réacteur de recherche de Téhéran. Environ 70% du stock iranien auraient ainsi été neutralisés, ce qui ne laissait momentanément pas suffisamment de minerai pour obtenir de l'uranium à 90% nécessaire à la fabrication de bombes.

Le régime islamique assure que son programme nucléaire est strictement civil mais il refuse de fournir les garanties demandées par les six pays (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France et Allemagne) impliqués dans les négociations pour prouver qu'il ne dissimule pas un volet militaire. A ce titre, l'offre de l'AIEA, présentée lundi et finalisée mercredi au siège de l'agence à Vienne, fait figure de test de la bonne volonté affichée récemment par Téhéran.

Washington, Paris et Moscou, présents à Vienne, avaient d'ailleurs exprimé vendredi leur soutien au projet d'accord de l'AIEA. Le directeur général de l'agence, Mohamed ElBaradeï attendait une réponse dans la journée et se montrait plutôt optimiste.

L'Iran n'a pas rejeté l'accord en tant que tel mais, selon la télévision d'Etat, c'est désormais Téhéran qui attend une réponse à sa propre offre d'acheter l'uranium enrichi à 20% à l'étranger. La contre-proposition est une manoeuvre dilatoire souvent utilisée par le régime des mollahs dans ce dossier.

"La République islamique d'Iran attend une réponse constructive et à même d'alimenter la confiance à sa proposition claire d'acheter du combustible pour le réacteur de recherche de Téhéran", a fait savoir la télévision d'Etat, citant un proche des négociateurs iraniens. L'Iran avait déjà suggéré cette piste qui lui permettrait de ne pas se défaire de ses stocks d'uranium.

La contre-proposition de vendredi devrait particulièrement déplaire à Washington, où Barack Obama a multiplié les gestes d'ouverture depuis son arrivée à la Maison Blanche en janvier, en rupture avec la politique de son prédécesseur George W. Bush. La réunion de Vienne faisait suite à celle du 1er octobre à Genève, où l'Iran et les Etats-Unis s'étaient retrouvés au plus haut niveau de représentation depuis des années.

Le président américain a cependant déjà prévenu qu'il attendait des résultats d'ici à la fin de l'année, faute de quoi il demanderait un nouveau durcissement des sanctions contre l'Iran au Conseil de sécurité des Nations unies. Le cas échéant, il aura sûrement du mal à convaincre la Russie et la Chine, proches alliés de Téhéran qui possèdent un droit de veto. Les Etats-Unis estiment que, dans la situation actuelle, l'Iran pourrait posséder l'arme nucléaire entre 2010 et 2015.

La Maison Blanche a déclaré dans la soirée que le président Obama ne réagirait qu'après avoir été informé de la situation par M. ElBaradeï. AP

st/v




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