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actu & culture


BERNE - vendredi 23 octobre 2009 à 18h51

Les Etats-Unis demandent officiellement l'extradition de Roman Polanski


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Près de quatre semaines après l'arrestation de Roman Polanski à Zurich, les Etats-Unis ont officiellement demandé à la Suisse l'extradition du cinéaste franco-polonais.

D'après cette demande formelle, le réalisateur de "Tess" et du "Pianiste" ne risquerait que deux ans de prison au maximum s'il est extradé, a précisé vendredi le ministère suisse de la Justice. Jusqu'ici, une peine pouvant aller jusqu'à 50 ans avait été évoquée.

L'ambassade des Etats-Unis à Berne a transmis jeudi soir une demande formelle d'extradition de 60 pages, respectant ainsi le délai de 40 jours prévu dans le traité d'extradition conclu avec la Suisse, a fait savoir vendredi l'Office fédéral de la justice (OFJ).

Cette demande va maintenant être transmise au canton de Zurich, chargé de la notifier à Roman Polanski, qui se verra fixer un délai pour faire valoir ses observations. Sur la base de la demande d'extradition et des observations du cinéaste, l'OFJ décidera ensuite s'il convient d'accorder ou non son extradition aux Etats-Unis. Cette décision sera susceptible de recours auprès du Tribunal pénal fédéral et, en dernière instance, auprès du Tribunal fédéral, une procédure qui pourrait prendre des semaines voire des mois.

D'après la demande officielle d'extradition, le cinéaste de 76 ans encourt une peine maximale de deux ans de prison aux Etats-Unis, a précisé le porte-parole de l'OFJ Folco Galli. "Une personne qui est extradée peut être seulement poursuivie pour les délits pour lesquels on a autorisé l'extradition".

Jusqu'à présent, il était question d'une peine maximale de 50 ans de réclusion. Même le Tribunal pénal fédéral l'avait évoquée lorsqu'il avait refusé en début de semaine une remise en liberté conditionnelle. Selon Folco Galli, ces 50 ans se réfèrent à l'ancien droit américain. La demande d'extradition fait toutefois clairement référence au nouveau droit.

La demande d'extradition se fonde sur un mandat d'arrêt délivré par la Cour supérieure de l'Etat de Californie pour le comté de Los Angeles le 1er février 1978, jour où Roman Polanski avait fui les Etats-Unis pour gagner l'Europe. Le mandat avait été émis parce que Roman Polanski, qui avait plaidé coupable d'avoir eu des relations sexuelles avec une mineure de 13 ans en 1977, ne s'était pas présenté au juge malgré son engagement. Le réalisateur est recherché par les autorités américaines pour que la Cour compétente puisse prononcer sa peine pour ce délit, explique l'OFJ.

Roman Polanski peut toujours consentir à une procédure d'extradition simplifiée, a relevé Folco Galli. Il serait ainsi assez rapidement remis aux autorités américaines. Dans le cas contraire, la procédure peut durer des mois.

Mercredi, Me Georges Kiejman, l'un des avocats français de Roman Polanski, avait laissé entendre que son client, détenu depuis près d'un mois en Suisse, pourrait choisir d'aller aux Etats-Unis "si cette procédure s'éternise". Mais son autre avocat français Me Hervé Temime a assuré que le cinéaste, interpellé le 26 septembre dernier à l'aéroport de Zurich, continuerait de s'opposer à son extradition et à réclamer sa remise en liberté. AP

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