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actu & culture


PRAGUE - mardi 03 novembre 2009 à 19h10

La République tchèque ratifie le traité de Lisbonne



A reculons, le président tchèque Vaclav Klaus a finalement ratifié mardi le traité de Lisbonne, quelques heures après le feu vert donné par la Cour constitutionnelle de son pays. Au terme d'un processus d'adoption semé d'embûches, le texte, qui réforme les institutions de l'Union européenne, a désormais été approuvé par les 27 pays membres et devrait entrer en vigueur avant la fin de l'année.

Après des semaines de blocage, Vaclav Klaus, eurosceptique déclaré, a apposé mardi à 15h (14h GMT) sa signature au bas du traité de Lisbonne, écartant le dernier obstacle à son entrée en vigueur. Le président tchèque n'en a pas moins exprimé une nouvelle fois son opposition au texte.

"Je m'attendais à la décision de la Cour constitutionnelle, et je la respecte", a-t-il déclaré au palais présidentiel de Prague. "La République tchèque cessera d'être un Etat souverain" dès l'application du traité de Lisbonne, a-t-il ajouté. Quelques heures plus tôt, la haute cour avait jugé le texte conforme à la Constitution tchèque, son président Pavel Rychetsky déclarant que tous les obstacles à sa ratification étaient "écartés".

La République tchèque était le dernier pays membre des 27 à ne pas avoir ratifié le traité, signé le 13 décembre 2007. Les deux chambres du parlement tchèque l'avaient approuvé, mais, pour le ratifier, Vaclav Klaus avait exigé que son pays bénéficie d'une exception à la Charte des droits fondamentaux, afin d'empêcher toute demande de restitution ou d'indemnisation au nom des trois millions d'Allemands expulsés des Sudètes après la Deuxième guerre mondiale.

Une concession que lui avait accordée le Conseil européen de la semaine dernière et qui, malgré son opposition au traité, ne laissait plus d'autre choix au président tchèque que de le signer, après le feu vert constitutionnel.

Le traité de Lisbonne, version simplifiée de la défunte Constitution rejetée par référendum par les Français et les Néerlandais en 2005, amende les précédents traités européens.

Maintenant qu'il a été ratifié par tous, le traité de Lisbonne entrera donc en vigueur le 1er décembre, comme le prévoit le processus de ratification. Il est destiné à améliorer le fonctionnement des institutions de l'UE en créant notamment les postes de président du Conseil européen et de ministres des Affaires étrangères de l'UE.

La ratification tchèque a été saluée par tous les dirigeants européens. "La décision du président Klaus marque une étape importante et historique pour toute l'Europe", a réagi le Premier ministre britannique Gordon Brown.

A Paris, le président français Nicolas Sarkozy a fait part de sa "grande satisfaction", estimant qu'il s'agissait d'une "grande nouvelle pour tous les Européens et pour la France en particulier, qui a proposé ce Traité et n'a ménagé aucun effort, avec l'Allemagne, depuis plus de deux ans, pour obtenir cet aboutissement".

Pour la chancelière allemande Angela Merkel, qui s'exprimait devant le Congrès américain, avec le traité de Lisbonne, l'UE "deviendra un partenaire plus fort et plus à même d'agir". "Sur cette base, nous pourrons bâtir des partenariats stables avec d'autres, à commencer par la Russie, la Chine et l'Inde", a-t-elle estimé.

Le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, a fait savoir qu'il convoquerait un conseil européen extraordinaire prochainement. "La ratification met un terme à une période beaucoup trop longue de préoccupations institutionnelles au sein de l'UE", a-t-il déclaré. "Elle ouvre la voie à une union plus démocratique, transparente et efficace".

A Bruxelles, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a dit espérer que la ratification tchèque permettrait désormais d'"avancer le plus rapidement possible vers la nomination d'un président du Conseil européen et d'un vice-président de la Commission".

Parmi les noms évoqués pour la présidence du Conseil figurent ceux de l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, de l'ancienne présidente irlandaise Mary Robinson, de son homologue lettonne Vaira Vike-Freibzerga, ou encore du Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker. AP

jp/v/nc




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