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Les deux Suisses retenus en Libye sont à l'ambassade de Suisse à Tripoli et en bonne santé. Après être restés confinés durant sept semaines dans un endroit secret, ils ont été remis lundi à la représentation suisse par les autorités libyennes, mais Berne assure ne pas avoir fait de nouvelles concessions.
Le retour surprise à l'ambassade des deux hommes d'affaires transférés le 18 septembre dans un endroit inconnu apporte un certaine détente. Il ne s'accompagne cependant d'aucun signe concret d'une prochaine autorisation de rentrer en Suisse.
S'exprimant devant la presse à Berne, la ministre des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey s'est déclarée surprise de cette évolution, qu'elle a qualifiée de "bonne nouvelle sur le plan humanitaire". La cheffe de la diplomatie helvétique, qui a eu les deux hommes au téléphone, précise qu'ils sont en bonne santé et sont maintenant en train de digérer les événements. D'après elle, ils n'ont pas été maltraités, mais se trouvaient tout de même en isolation.
Mme Calmy-Rey n'a pas souhaité évaluer les effets de ce retour à l'ambassade sur l'évolution du dossier libyen. Elle a en revanche tenu à souligner que la Suisse n'avait pas rempli de conditions supplémentaires. Le président de la Confédération helvétique Hans-Rudolf Merz a aussi fait part de son soulagement.
Retenus en Libye depuis juillet 2008, le collaborateur d'ABB, Max Göldi, et Rachid Hamdani, un autre homme d'affaires suisse, avaient été placés dans un lieu tenu secret le 18 septembre dernier.
Le vice-ministre libyen des Affaires étrangères Khaled Kaim s'était ouvert dans l'hebdomadaire "NZZ am Sonntag" sur les dessous possibles de ce déplacement et sur les conditions d'un retour à la normale avec la Libye. Le gouvernement helvétique était notamment appelé à condamner publiquement les déclarations de certains parlementaires suisse réclamant une action commando contre la Libye pour libérer les Suisses.
Berne devait aussi démentir des déclarations de médias selon lesquelles l'un des Suisses, au bénéfice aussi d'un passeport tunisien, aurait soi-disant quitté provisoirement la Libye avant d'y revenir.
Le retour des deux hommes d'affaires à l'ambassade est-elle liée à une concession suisse sur ces points? Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) dit n'avoir rien entrepris dans cette perspective. Dans son communiqué, le DFAE précise simplement que les "deux Suisses victimes d'un enlèvement" ont été remis à l'ambassade par les autorités libyennes "sans mention d'aucun motif".
Les deux hommes d'affaires avaient été placés sous surveillance policière le 19 juillet 2008 à Tripoli après l'arrestation d'Hannibal Kadhafi à Genève. On leur reprochait un séjour illégal sur le territoire.
Ils ont ensuite bénéficié d'un régime leur permettant de se déplacer librement, mais avec interdiction de quitter la Libye. La signature d'un accord avec le président Merz le 20 août à Tripoli pour la normalisation des relations et les excuses du président suisse pour la procédure d'interpellation à Genève n'ont pas permis d'améliorer la situation des deux Suisses.
Alors que M. Merz rencontrait Kadhafi en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, ils étaient déplacés dans un lieu inconnu. Face au refus de collaborer de la Libye, Berne avait suspendu l'accord mercredi dernier et décidé de poursuivre une politique restrictive en matière de visas à l'égard de la Libye. AP
tl/S
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