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Roman Polanski reste incarcéré en Suisse. Le tribunal pénal fédéral a rejeté le recours du réalisateur franco-polonais contre son maintien en détention, jugeant notamment que le risque de fuite était "élevé". Mais le cinéaste peut encore faire appel devant le Tribunal fédéral de Lausanne, ce qu'il fera probablement selon l'un de ses avocats français Me Hervé Temime.
Interpellé le 26 septembre à son arrivée à l'aéroport de Zurich, en vertu d'un mandat d'arrêt international émis par les Etats-Unis, le réalisateur du "Pianiste" a été placé en détention provisoire en Suisse en attendant une éventuelle extradition. La justice américaine considère le cinéaste oscarisé, qui avait plaidé coupable d'avoir eu des relations sexuelles avec une mineure de 13 ans en 1977, comme un criminel condamné en fuite.
Dans son arrêt de 17 pages publié mardi, le TPF, qui siège à Bellinzone, rappelle que Roman Polanski s'était soustrait à la procédure américaine en partant pour l'Europe en 1978. Le cinéaste, qui a fait appel de sa détention, veut également s'opposer à son extradition vers les Etats-Unis, où il encourt une peine de 50 ans de prison au maximum.
Ses avocats ont fait valoir qu'en cas d'extradition, le cinéaste de 76 ans serait séparé de son épouse, l'actrice et chanteuse française Emmanuelle Seigner, et de leurs deux enfants mineurs. Par ailleurs, une détention prolongée aurait des conséquences financières alors que Roman Polanski travaillait sur son prochain film, intitulé "The Ghost" (le fantôme): 40 millions de dollars (27 millions d'euros) apportés par des investisseurs seraient perdus et de ruineuses demandes d'indemnisation suivraient.
Le risque de fuite est "élevé, compte tenu des motivations et des moyens de l'intéressé", a souligné le TPF, qui a jugé que l'offre de caution faite par le cinéaste, soit la saisie d'un terrain à Gstaad, ne satisfaisait pas aux exigences légales et n'est pas réalisable. En revanche, une garantie bancaire pourrait par exemple entrer en ligne de compte. De fait, le tribunal ne s'est pas prononcé sur des "mesures substitutives à la détention", à savoir une caution suffisante, une assignation à résidence et le port d'un bracelet électronique. Roman Polanski conserve ainsi la faculté de soumettre au ministère de la Justice une proposition de caution concrète conforme.
Selon la jurisprudence suisse, la détention de l'accusé durant toute la procédure d'extradition constitue la règle, a rappelé le TPF, qui n'a examiné que de façon très limitée le fond de la procédure d'extradition.
Les arguments sur le fond, développés par l'avocat suisse de Roman Polanski pour appuyer la demande de mise en liberté, "n'ont pas reçu de réponse", a ainsi noté Me Temime, "ce qui peut se comprendre, la demande d'extradition des Etats-Unis n'étant toujours pas parvenue aux autorités suisses".
Ce week-end, Me Temime avait confirmé que Roman Polanski avait passé des examens médicaux en dehors de la prison. AP
ch/sb/nc
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