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Sans grande surprise, le roman de Marie NDiaye, "Trois femmes puissantes" (Gallimard), déjà salué par la critique et les lecteurs, a remporté lundi le prix Goncourt, annoncé au restaurant Drouant à Paris. Le Renaudot a été décerné à un autre écrivain connu du grand public, Frédéric Beigbeder pour "Un roman français" chez Grasset.
Déjà Prix Femina en 2001 pour "Rosie Carpe", Marie NDiaye est née le 4 juin 1967 à Pithiviers d'un père sénégalais et d'une mère française et vit actuellement à Berlin. Elle est l'auteur d'une douzaine de livres romans, nouvelles, théâtre. Ses pièces sont entrées au répertoire de la Comédie-Française.
Les autres romans encore en lice pour le Goncourt étaient "Des hommes", de Laurent Mauvignier, (Ed. de Minuit), "La vérité sur Marie", de Jean-Philippe Toussaint (Minuit), et "Les heures souterraines", de Delphine de Vigan (JC Lattès). "Trois femmes puissantes" a été choisi dès le premier tour de scrutin.
Dans son roman, Marie NDiaye raconte le récit de trois femmes, Norah, Fanta, Khady Demba, qui se battent pour préserver leur dignité contre les humiliations qui leur sont infligées par la vie. Tiré au départ à 15.000 exemplaires, le livre en est à sa douzième réimpression, soit 155.000 exemplaires, selon la maison Gallimard.
Après l'annonce du Goncourt, Marie NDiaye s'est dit "très contente" sur France-2 d'avoir remporté le prestigieux prix littéraire. "Je m'y attendais un peu dans la mesure où lorsqu'on a une chance sur quatre, on est bien obligé de s'y attendre" mais "je prends ça très tranquillement", a ajouté la romancière, se disant aussi "très contente d'être une femme qui reçoit le prix Goncourt". Il faut en effet remonter à 1998 pour retrouver le nom d'une femme dans le palmarès du Goncourt, Paule Constant, pour "Confidence pour confidence" (Gallimard).
Interrogée sur les raisons éventuelles de ce choix, Marie NDiaye a confié avoir "du mal à dire pourquoi" son livre "rencontre un grand succès" depuis sa sortie. "Je pense que c'est un mélange d'histoires qui touchent et d'écriture", a ajouté Marie NDiaye. "Cela fait 25 ans que j'écris, je ne suis plus du tout une débutante, donc j'ai assez de métier et de recul pour prendre tout ça avec tranquillité". Mais ""je ne boude absolument pas ce plaisir-là", a-t-elle noté.
Prix Interallié en 2003 pour son roman "Windows on the World", qui se déroule dans le World Trade Center au moment des attentats du 11 septembre 2001, Frédéric Beigbeder a été récompensé par le prix Renaudot pour son dernier ouvrage, "Un roman français" dans lequel l'écrivain se penche sur son enfance.
L'animateur, critique littéraire, un temps éditeur et fondateur du prix de Flore, né le 21 septembre 1965 à Neuilly-sur-Seine, prend comme point de départ un épisode peu glorieux de sa vie, son arrestation pour usage de stupéfiants sur un capot de voiture le 28 janvier 2008. En garde à vue, l'auteur de "99 francs" réfléchit sur lui-même, sur ce qu'il a fait de sa vie, sur son enfance à Guéthary, sur la côte basque.
"C'est un prix très important, qui a été décerné au 'Voyage au bout de la nuit' (Céline) et aux 'Choses' de Pérec, tous ces livres si beaux, si grands. De me retrouver sur la même liste que ces gens-là (...) Je crois que je vais pleurer", a-t-il réagi après le prix.
Le romancier dandy a dédié ce "prix à la police du VIIIe arrondissement et au procureur de Paris Jean-Claude Marin. Sans eux, je n'aurais pas écrit ce livre et, je vous assure, c'est très, très agréable. C'est bien meilleur que la drogue. Je conseille à la jeunesse qui se drogue de prendre le prix Renaudot", a-t-il lâché.
Le livre a déjà fait l'objet de 180.000 commandes en librairie. Pour comparaison, près d'un million d'exemplaires de "99 francs" (14,99 euros) avaient été vendus, tous formats confondus, selon Grasset.
Le Renaudot de l'essai a été attribué à l'ancien résistant Daniel Cordier pour ses mémoires, "Alias Caracalla" (Gallimard). Né en août 1920 à Bordeaux, ce proche de Jean Moulin, sur lequel il a écrit plusieurs ouvrages, livre pendant 944 pages un récit à la première personne sur la Résistance, revenant sur son engagement dès juin 1940 dans les Forces françaises libres.
Enfin, un prix Renaudot a récompensé pour la première fois cette année un livre de poche n'ayant pas été primé. C'est "Palestine", d'Hubert Haddad, qui a été choisi. Né à Tunis en 1947, l'auteur propose une plongée au coeur du conflit israélo-palestinien, qui avait d'abord été publiée aux éditions Zulma et avait reçu le Prix des cinq continents de la Francophonie en 2008. AP
ir/lat/sb
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