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Après une semaine de dissonances de ministres et d'élus de la majorité, Nicolas Sarkozy a sévèrement recadré son gouvernement mercredi rappelant à ses troupes qu'il était "nécessaire d'être solidaire".
Plusieurs couacs ont émaillé l'actualité politique de ces derniers jours, de la publication de deux tribunes par des sénateurs et députés UMP pour protester respectivement contre la suppression de la taxe professionnelle et contre un grand emprunt trop modeste, à la sortie de la secrétaire d'Etat aux Sports, Rama Yade, contre la suppression des avantages fiscaux des sportifs, en passant par une sortie critique du conseiller présidentiel Henri Guaino contre le ministre du Budget Eric Woerth.
Le président de la République a profité du conseil des ministres pour indiquer "aux membres du gouvernement qu'il était important, nécessaire d'être solidaire", a rapporté mercredi Luc Chatel. "Il s'est adressé à l'ensemble de ses ministres, à l'ensemble du gouvernement, en plein accord avec le Premier ministre", a ajouté le ministre de l'Education nationale et porte-parole du gouvernement. La veille, c'est François Fillon qui avait rappelé à l'ordre les troupes de l'UMP à l'Assemblée nationale.
Après avoir reçu mardi matin l'état-major de l'UMP, parmi lequel le sénateur Jean-Pierre Raffarin, chef de file de la fronde contre la suppression de la taxe professionnelle, Nicolas Sarkozy visait non seulement ses ministres, mais aussi ses conseillers qui se sont exprimés dans la presse et les élus de la majorité, a assuré M. Chatel.
"Nous avons voulu donner davantage de pouvoirs au Parlement, donc nous devons accepter qu'il y ait un débat au Parlement sur les propositions du gouvernement, sur les projets de loi, nous acceptons et nous revendiquons qu'au sein de la majorité il y ait un débat", a analysé le porte-parole du gouvernement.
Revenant sur la suppression de la taxe professionnelle, il a rappelé qu'après le débat "vient le temps des arbitrages" entre exécutif et élus de la majorité. "Il y a un moment où il doit y avoir une solidarité à la fois au sein de l'exécutif et, à partir du moment où il y a eu un accord entre le législatif et l'exécutif, au sein de la majorité", a-t-il insisté visant directement Jean-Pierre Raffarin.
Le président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer a reconnu mercredi qu'"il y a eu une certaine confusion dans la majorité, qui s'est exprimée, dans ces tribunes, dans d'autres expressions, dans d'autres initiatives... J'ai le sentiment que précisément hier matin, à l'occasion de la réunion du groupe majoritaire, le Premier ministre, qui est le chef de la majorité, a sifflé la fin de la récréation, je pense que c'était bienvenu", a-t-il déclaré lors de l'émission Questions d'Info sur LCP.
Sur la sortie d'Henri Guaino, qui a critiqué la position du ministre du Budget Eric Woerth, qui jugeait "irréaliste" un grand emprunt de 100 milliards, M. Accoyer a estimé qu'il n'était "pas dans son rôle". Même si Henri Guaino est "un homme talentueux", "animé d'une véritable passion pour la France" et qui prend parfois "des initiatives personnelles", "je dirais: que chacun reste à sa place", a-t-il souligné.
Enfin, concernant les incartades de Rama Yade, sérieusement rappelée à l'ordre par François Fillon, le président de l'Assemblée a estimé que c'était une "affaire interne au gouvernement". Cependant, sur le fond, "il est plus clair et plus démocratiquement lisible que chacun parle de la même voix", a-t-il noté, estimant qu'il y avait là encore un "problème de méthode" et de communication. AP
der/sb
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