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A l'heure des comptes, difficile de se tromper. Le nageur insatiable Michael Phelps et l'homme le plus rapide du monde Usain Bolt ont laissé une telle empreinte sur les Jeux olympiques de Pékin qu'ils en ont presque éclipsé les performances de leurs collègues.
Phelps, athlète le plus titré de l'histoire olympique à 23 ans seulement avec déjà 14 titres à son palmarès, a réussi son pari insensé en remportant huit médailles d'or dans le Cube d'eau pékinois. Il a ainsi battu le record de sept titres de Mark Spitz aux Jeux de Munich en 1972.
Le kid de Baltimore a tout raflé, faisant tomber les records du monde comme un singe mange des cacahuètes. Avec ses 14 médailles d'or remportées à Athènes et en Chine, il trône désormais au panthéon des dieux de l'Olympe, devant des athlètes comme Spitz, Carl Lewis, la gymnaste soviétique Larysa Latynina ou encore l'athlète finlandais Paavo Nurmi.
Au cours d'une première semaine de natation avalée à toute allure, l'Américain a gagné le 100m papillon, le 200m quatre nages, le 200m nage libre, le 200m papillon, le 400m quatre nages, le relais 4x100m quatre nages, le 4x100m nage libre et le 4x200m nage libre.
Le président du Comité international olympique, Jacques Rogge, notant dimanche que plus de 40 records du monde avaient été établis à Pékin, a salué Phelps et Bolt, des "icônes des Jeux" selon lui.
Sur la piste d'athlétisme du Nid d'Oiseau, Bolt n'a pas eu de rivaux à sa hauteur. Le sprinter a gagné trois médailles d'or, sur 100 mètres, 200 mètres et avec le relais jamaïcain sur 4x100 mètres. A chaque fois, il a assorti ses succès de record du monde presque irréels: 9.69 sur 100m, 19.30 sur 200m et 37.10 avec le 4x100.
Le Jamaïcain de 22 ans a conclu en Chine une ascension express vers les sommets. En raison de sa grande taille -il mesure 1,93m- Bolt n'était pas considéré comme un coureur d'avenir sur la ligne droite. Les grands sprinters sont souvent handicapés pour sortir vite des starting blocks et se mettre en action. Il a en revanche toujours été un champion olympique du 200m en puissance et il a donc eu de longs débats avec son entraîneur, Glen Mills pour savoir quelle autre course ajouter à son programme.
Mills avait un faible pour le 400m, pensant que Bolt avait le physique pour ça. Mais Bolt, réputé pour son attitude très cool et son peu de goût pour le travail, ne voulait pas se faire violence. Il s'est donc mis à travailler les départs, tellement importants sur 100m, et çela a payé à Pékin. Reste à savoir maintenant si "Lightning Bolt" se tournera vers le 400 mètres, où il a les moyens de s'attaquer au record du monde.
Toujours sur la piste, les Ethiopiens Kenenisa Bekele et Tirunesh Dibaba ont réussi deux exploits immenses en signant des doublés sur 5.000m et 10.000m. Une performance tellement rare pour être soulignée, même si Phelps et Bolt ont tout phagocyté d'un point de vue médiatique.
Car d'un point de vue sportif, ce sont les Chinois qui se sont transformés en ogres devant leur public pour terminer à la première place du classement des médailles, avec 51 titres à leur actif. Les Américains, qui avaient contenu la progression chinoise il y a quatre ans à Athènes, terminent deuxièmes avec 36 titres, devant les Russes, qui rentreront chez eux avec 23 médailles d'or. En nombre de médailles, les Américains sont toujours devant, avec 110 podiums contre 100 pour les Chinois.
Rogge a également répété dimanche que l'attribution des JO à la Chine avait été un bon choix et que les retombées dépasseraient le cadre sportif. En dépit des succès en termes d'organisation et de performances athlétiques, le CIO a été accusé de n'avoir pas assez contraint la Chine à respecter ses promesses d'ouverture en matière de droits de l'homme et de liberté de la presse.
"Nous sommes d'abord et avant tout une organisation dévouée au sport, mais au sport avec un but", a déclaré Rogge. "Le CIO et les Jeux olympiques ne peuvent pas imposer des changements à des nations souveraines ou soigner tous les mots du monde. Mais nous pouvons, et nous le faisons, contribuer à des améliorations à travers le sport."
Enfin au rayon dopage, les Jeux ont été relativement épargnés avec seulement six cas confirmés, dont celui de l'Ukrainienne Lyudmila Blonska, privée de sa médaille d'argent sur l'heptathlon après un contrôle positif à la méthyltestostérone. Le CIO croit en l'effet dissuasif de son programme de détection. Ou bien les dopés ont-ils trop d'avance? AP
petr/ll
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