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actu & culture


PEKIN - dimanche 24 aout 2008 à 15h02

Alain Bernard, l'athlète français des compétitions chinoises


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Le handball français a mis dimanche la dernière touche à des JO de Pékin réussis pour l'équipe de France olympique en apportant une 40e et dernière médaille, en or massif.

Alain Bernard avec trois médailles obtenues en natation restera comme l'athlète français des compétitions chinoises. Il a éclipsé Laure Manaudou à la dérive, passée de trois médailles à Athènes à zéro à Pékin.

Avec 40 médailles, la France fait mieux qu'à Sydney (38 podiums), son plus beau score "à l'extérieur" depuis la mondialisation des Jeux. Mais avec seulement sept médailles d'or, elle réalise son plus petit total de titres depuis Séoul en 1988.

"Produire des champions, on sait faire. Produire des champions avec des médailles d'or, pour ça notre système a pris un peu de retard", reconnaît Fabien Canu, le "patron" de la préparation olympique. "Il faut faire évoluer le système du haut niveau en France pour aller chercher ces médailles".

"C'est une question de moyens, mais pas de moyens démesurés. Il faut mettre en place un projet Londres 2012 pour voir au cas par cas ce qui manque dans les fédérations. Financièrement, c'est jouable", dit-il.

Fabien Canu dit qu'il faut suivre l'exemple de la boxe qui avec trois médailles à Pékin a obtenu son meilleur résultat depuis 1920.

"Dominique Nato est venu me voir il y a deux ans en expliquant qu'on allait dans le mur en boxe. Il a pris l'équipe de France comme Directeur technique national, m'a demandé un adjoint pour l'administration et un entraîneur cubain pour les aspects techniques. Aujourd'hui on voit le résultat avec les médailles".

Il faut aussi resserrer l'élite, selon Canu.

"Il faut qu'on fasse du cas par cas avec les 100 athlètes qui vont aller à Londres et que l'on connaît déjà. On a un système qui globalise trop les choses. On a les moyens mais concentrons nos efforts sur cette élite. On a 15.000 athlètes sur liste qui coûtent beaucoup d'argent. On se trompe, car ce ne sont pas eux qui feront les champions de demain".

Fabien Canu estime encore que les athlètes doivent apprendre psychologiquement à devenir champions. Il prend en exemple Alain Bernard, sacré champion olympique du 100 mètres nage libre à Pékin, bronzé sur 50m nage libre et argenté avec le relais 4x100m nage libre.

"Alain Bernard sort (de l'anonymat) cet hiver. En un an il est devenu un grand champion. Ce n'est pas par hasard, il y a une démarche psychologique, un état d'esprit à venir gagner ici. Il y a parfois un manque d'ambition chez certains athlètes et on doit leur donner confiance, leur apporter un certain savoir".

"Bernard a su devenir champion d'Europe, assurer l'étape couperet des championnats de France. Je suis allé à Antibes rencontrer Denis Auguin et Alain Bernard. Ils avaient tout compris de ce qu'on attendait des Jeux, ils étaient prêts. C'est ce petit plus du savoir-faire qui ne s'achète pas. A nous de trouver les personnes qui peuvent faire gagner les fédérations qui ne savent pas encore gagner. Gagner c'est particulier, gagner c'est une façon de faire. Alors, oui il y a des aspects financiers, oui il y a des aspects structurels, mais il y a aussi l'état d'esprit".

Bernard a servi de locomotive à une natation créditée de six médailles, comme l'escrime en Chine. Le judo, une seule médaille à Athènes, s'est refait une santé avec quatre podiums en Chine.

"On a 16 fédérations qui obtiennent des médailles, soit presque autant que la Chine et les Etats-Unis", détaille Canu très satisfait. L'haltérophilie, la gymnastique, la lutte, le tir, le tir à l'arc, l'aviron, le canoë-kayak, la voile se sont notamment distingués.

Derrière Bernard, Nicolas Lopez a obtenu deux médailles au sabre comme Fabrice Jeannet à l'épée. Hugues Duboscq a pris deux médailles de bronze en brasse.

La France a aussi réalisé deux doublés. En VTT, Julien Absalon a devancé Jean-Christophe Péraud alors qu'en VTT Anne-Caroline Chausson a fini devant Laëtitia Le Corguillé. La piste a complété les bons résultats du cyclisme, mais traditionnelle pourvoyeuse d'or elle s'est cassée les dents sur une Grande-Bretagne impériale.

"Ma seule inquiétude concerne les sports technologiques qui coûtent cher comme le vélo. Les Anglais ont mis des budgets colossaux, environ huit millions d'euros par an. Nous n'avons pour l'heure pas la réponse", conclut-il.

La seule véritable déception de Pékin est venue de l'athlétisme crédité d'une seule médaille, celle d'argent de Mahiedine Mekhissi Benabbad sur 3.000m steeple. AP

jlc/cov/ll




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