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Huit alpinistes -cinq Autrichiens et trois Suisses- étaient présumés morts dimanche soir à la suite d'une avalanche qui a emporté plusieurs cordées vers 3h du matin sur la face nord du Mont-Blanc du Tacul, à 3.600m d'altitude, selon la préfecture de Haute-Savoie. C'est l'accident le plus grave qui soit survenu dans les Alpes françaises, suisses et italiennes depuis le début de l'année.
"Il n'y a plus aucune chance de retrouver quelqu'un vivant", a estimé dimanche en fin d'après-midi la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, qui a survolé le lieux de l'accident après avoir rencontré les blessés à l'hôpital de Sallanches (Haute-Savoie).
"Il est extrêmement difficile de savoir avec certitude combien de personnes ont été prises dans l'avalanche. Grâce aux moyens techniques, nous avons la certitude qu'il y a des gens sous l'avalanche, mais il est impossible de savoir combien exactement", a affirmé la ministre, préférant parler d'une "petite dizaine" de personnes disparues "sous un amas de pierre et de glace, quelque chose de très compact".
Le commandant Régis Lavergne, responsable du peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Chamonix, a déclaré que les disparus avaient "dévalé 1.500 mètres", entraînés par la coulée. "Nous avons retrouvé des indices de surface comme des sacs, des chaussures, des piolets ou des (balises de localisation du porteur) ARVA", a-t-il précisé.
Les recherches ont été suspendues en début d'après-midi étant donné le risque de "suravalanche" dû a l'instabilité du site et à la chaleur. L'accès au Mont-Blanc du Tacul a été totalement interdit aux alpinistes, par arrêté municipal, en raison des risques et de la reprise des opérations de secours prévue au lever du jour.
L'avalanche, longue de 200m et s'étalant sur une cinquantaine de mètres de largeur, a été provoquée par une rupture de séracs (blocs de glace). Elle a littéralement balayé l'itinéraire qu'empruntaient les alpinistes pour rejoindre le sommet. L'accident s'est produit sur la face nord du Tacul, sur un chemin sans difficulté particulière, hormis ce passage considéré comme très dangereux car régulièrement balayé par des chutes de séracs.
L'alerte a été donnée immédiatement par un guide de haute montagne témoin de l'accident. Une quarantaine de secouristes (PGHM, pompiers et guides) ont été acheminés sur les lieux par les hélicoptères de la gendarmerie et de la Protection civile renforcés par un appareil italien.
Huit personnes -cinq Français et trois Italiens âgés de 26 à 37 ans- ont été rapidement prises en charge et évacuées sur l'hôpital de Sallanches. L'une d'elles s'est révélée indemne et seuls trois des sept blessés étaient encore hospitalisés dans la soirée.
"On était vraiment dedans, on a eu beaucoup de chance", a raconté dimanche soir sur son lit d'hôpital Nicolas Duquesne, 30 ans, de Nice (Alpes-Maritimes). Le jeune Français souffre d'une fracture à la cheville et de quelques hématomes. "Le guide a crié 'Courez vite! Courez vite!' Ça ne faisait aucun bruit, c'était très impressionnant. On a juste eu le temps de se déporter vers la droite avant de se faire faucher", a-t-il raconté. Selon ses sauveteurs, le Niçois a dévalé sur plus de 500 mètres avant de finir dans la neige et les blocs de glace.
La plupart des victimes étaient parties vers 1h du matin du refuge des Cosmiques (3.613m) pour profiter du regel nocturne et progresser plus facilement dans la neige.
Selon les services de Météo-France, aucun risque d'avalanche particulier n'était signalé sur le massif du Mont-Blanc et les conditions météorologiques étaient bonnes. Mais "des chutes de séracs ne sont pas rares, elles peuvent intervenir à tout moment de l'année, hiver comme été, à toute heure de la journée", souligne le commandant Régis Lavergne.
Cet accident est le plus grave survenu en 2008 dans les Alpes françaises, suisses et italiennes, où l'on enregistre, selon une première estimation des services de secours de ces différents pays, une centaine de morts depuis le début de l'année. En avril dernier, un groupe de six français avait été emporté par une coulée de neige dans le parc du Grand-Paradis (Italie), et cinq d'entre eux étaient morts. Dimanche, un alpiniste français a été retrouvé mort au fond d'un ravin dans le Val Chisone, dans le Piémont (Italie).
Cet accident est également le plus grave enregistré dans le massif du Mont-Blanc depuis une dizaine d'années. Fin juillet 2007, un groupe de cinq jeunes étudiants grenoblois avait été surpris par une tempête de neige dans les Aiguilles de Bionnassay. Les cinq jeunes étaient morts de froid. AP
boi/st
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